Estimation du PIB de Saint-Barthélemy : le PIB par habitant s’élève à 90 103 € en 2023
Le partenariat CEROM (Comptes économiques rapides pour l’Outre-mer) publie une note d’évaluation du PIB de Saint-Barthélemy. Si plusieurs estimations ont déjà été produites par le passé, la dernière date d’il y a plus de dix ans et ne permet donc plus de rendre compte des évolutions majeures de l’économie du territoire intervenues depuis le passage de l’ouragan Irma et la crise sanitaire de la Covid-19. À la demande des acteurs publics locaux, l’IEDOM, dans le cadre du partenariat CEROM, a ainsi procédé à une nouvelle estimation du PIB, sur la base des données de l’année 2023.
En 2023, le PIB en valeur de Saint-Barthélemy est estimé à 960,5 millions d’euros. Rapporté à une population de 10 660 habitants, le PIB par habitant s’élève à 90 103 €. Ce niveau place le territoire largement en tête des économies ultramarines, mais également à un niveau plus de deux fois supérieur à celui observé à l’échelle nationale. À l’international, l’île figure également parmi les territoires au PIB par habitant les plus élevés.
Cette évaluation du PIB par habitant est toutefois surévaluée dans la mesure où les travailleurs saisonniers contribuent de manière significative à la création de richesse de l’île, sans être inclus dans la population retenue (critère de résidence d’au moins 6 mois dans la commune).
Le territoire de Saint-Barthélemy se distingue par une économie presqu’exclusivement marchande. Le secteur touristique (19,7 % du PIB), orienté vers la satisfaction d’une demande touristique haut de gamme voire de luxe, agit comme un moteur pour l’ensemble de la sphère privée. La demande d’hébergement touristique stimule le secteur de l’immobilier, spécialisé dans la location et la vente de villas, qui alimente à son tour l’activité de la construction (13,8 % du PIB). Dans l’ensemble, la valeur ajoutée créée par les entreprises représente deux tiers du PIB, tandis que celle des ménages pèse pour 18 % du PIB (essentiellement des loyers).
À l’inverse, la valeur ajoutée des administrations publiques est extrêmement faible (2,2 % du PIB). L’autonomie fiscale, conjuguée à l’essor économique porté par le tourisme, procure à la collectivité des recettes fiscales importantes (11,6 % du PIB) qui lui permettent de couvrir ses charges et de déployer une politique d’investissement ambitieuse.
Le territoire est cependant confronté à des difficultés structurelles : rareté du foncier, tension sur le marché immobilier, enjeux de gestion plus durable, de l’eau, de l’énergie et de ressources naturelles.












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