Trophées Moci 2026 : Aérophile, Seawards, Hemerion, Prova remportent la finale nationale

Trophées Moci 2026 : Aérophile, Seawards, Hemerion, Prova remportent la finale nationale

Trophées Moci 2026 : Aérophile, Seawards, Hemerion, Prova remportent la finale nationale

De g. à d. : Hubert Montcoudiol (Seawards), Jérôme Giacomoni (Aérophile), Maximilien Vermandel (Hemerion Therapeutics) et Muriel Acat-Vergnet (Prova) © DR

Quatre pépites françaises de l’industrie et de l’innovation ont décroché, le 4 février à Paris, un trophée national du Moci pour leur développement international remarquable. Les 25 finalistes venus de sept régions ont été départagés par un vote en direct du public à l’issue d’une intense séquence de « pitchs ». Revue de détail.

Quatre catégories – PME, startup, innovation et ETI-, 25 finalistes issus du tour de France des trophées du Moci et de Leadexport dans les Haut-de-France, et deux petites minutes, pas une seconde de plus, pour convaincre le public de voter en direct pour sa bannière via une application en ligne !

La finale promettait une compétition enlevée tant les profils de ces champions de l’export étaient remarquables. Les plus de 300 invités présents dans la grande salle du prestigieux centre de conférence Pierre Mendès France du ministère de l’Economie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, n’ont pas été déçus.

D’autant que pour la première fois dans l’histoire des trophées du Moci, cette cérémonie, organisée sous le haut patronage du ministre Roland Lescure, et avec le soutien de Nicolas Forissier, ministre délégué en charge du Commerce extérieur et de l’attractivité, constituait l’un des temps forts du programme officiel de la Semaine de l’export 2026. Vous représentez « des réussites qui comptent pour la France tout entière » a lancé Nicolas Forissier aux 25 finalistes, dans une vidéo réalisée avant son départ pour l’Ukraine, où le ministre était en déplacement cette semaine.

L’événement est aussi un bel aboutissement après un tour de France des trophées du Moci inédit qui a permis, en 2025, de faire étape en Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Provence Alpes-Côte d’Azur, Corse, Occitanie et Île-de-France, sans oublier Leadexport dans les Hauts-de-France, dont deux lauréats ont participé à la finale nationale. Un pari audacieux réussi grâce au concours précieux du réseau des Chambres de commerce et d’industrie (CCI), Bpifrance, Business France, la Caisse des Français de l’étranger, BNP Paribas, LCL et Total énergie.

Finalistes et lauréats des Trophées Moci 2026 (© Ch. Gilguy)

Vingt-cinq finalistes en lice, 2 minutes pour convaincre. Et les lauréats de la grande finale sont…

Catégorie PME : Aérophile

Jérôme Giacomoni, président d’Aérophile, entre Claire Cheremetinski, DGA du Trésor, et Olivier Vincent, directeur exécutif export de Bpifrance (© DR)

Bientôt, un de ses ballons captifs à l’hélium flottera à Guadalajara, au Mexique, sur l’un des sites de la prochaine coupe du monde de football. L’une des dernières prouesses au compteur d’Aérophile, après le ballon-vasque des JO de Paris 2024. Jérôme Giacomoni, fondateur et dirigeant de cette petite PME francilienne (14 salariés) qui conçoit et fabrique des ballons captifs à l’hélium depuis 1993, n’a pas manqué d’arguments pour convaincre, d’autant qu’il a la fibre du Made in France : « C’est à Paris, porte de la Muette, que fut inventé le ballon captif et pas aux États-Unis ! » aime-t-il rappeler dans ses « pitchs ».

Aujourd’hui, 120 de ces ballons flottent dans 40 pays, et Aérophile exploite sept sites touristiques dans le monde parmi les plus prestigieux, dont les chutes du Niagara, le Disney World d’Orlando ou le zoo de San Diego et de grandes métropoles dont Séoul, Okinawa et Sakai.

L’international représente 75 % des 8 millions d’euros de chiffre d’affaires (2024) que réalise la société et son appétit pour l’international ne faiblit pas. Forte de la visibilité acquise lors des JO de Paris, Aérophile compte continuer sur sa lancée pour se développer en Amérique latine, en Amérique du Nord, en Asie et en Europe.

Les autres finalistes : Santos (Rhône, AURA), Technature (Finistère, BRET.), DNA-Blast (Alpes maritimes, PACA), Isula Parfums (Haute-Corse), Anywaves (Haute-Garonne, OCCIT.), Weneos Therapeutics (Oise, H-d-F).

Catégorie Startup : Seawards

Hubert Montcoudiol, fondateur de Seawards, entouré de Eric Pavy, directeur général de la CFE, et Emmanuel Saint-Martin, président du Moci (© DR)

« Démocratiser le dessalement d’eau de mer » et réduire son impact sur les écosystèmes marins. La passion et l’ambition d’Hubert Montcoudiol, fondateur de Seawards, sont limpides. C’est aussi l’objectif de cette jeune pousse marseillaise, qui a mis au point une technologie unique au monde de dessalement d’eau de mer « propre ». Grâce à un système de cryo-séparation (qui permet de geler l’eau et de la séparer de la matière salée), sa solution évite les rejets de saumures polluants dans les océans.

Les marques d’intérêt pour cette technologie dans de nombreuses zones sujettes au stress hydrique sont nombreuses. Mais Les dirigeants de Seawards ont choisi de rester en France. La première station prototype doit être opérationnelle cette année, sur le port de Marseille. Le fondateur promet de produire une eau plus douce que celle qui est actuellement proposés aux Marseillais.

Hubert Montcoudiol nourrit de fortes ambitions à l’international pour Seawards : toutes les zones en stress hydrique sont potentiellement des cibles de prospection, de l’Afrique du Nord aux Amériques en passant par le Moyen-Orient. Parmi les pays sur lesquels la startup se focalise pour déployer sa technologie, figurent le Maroc mais aussi la Californie …

Les autres finalistes : Heliosand (Rhône, AURA), Aisprid (Ille-et-Vilaine, BRET.), Missia (Corse du sud, Corse), Look Up Space (Haute-Garonne, OCCIT.), BiblioOnDemand (Nord, H-d-F), Leakmited (Yvelines, Î-d-F).

Catégorie Innovation : Hemerion Therapeutics

Maximilien Vermandel, cofondateur d’Hemerion Therapeutics, entouré de Florent Belleteste, directeur international de CCI France et Emmanuel Saint-Martin, président du Moci (© DR)

Voici une jeune pousse de la Medtech qui se prépare un bel avenir, sur le plan mondial. Créée en 2020 à Villeneuve-d’Ascq, Hemerion Therapeutics développe en effet des solutions thérapeutiques innovantes contre le cancer, basées sur une technologie de rupture mêlant biologie, physique et chirurgie.

La société se concentre sur le cancer du cerveau, notamment le glioblastome, avec un médicament ciblant spécifiquement les cellules tumorales, réduisant les dégâts collatéraux des traitements.

« Nous avons triplé le temps de survie de patients atteint de ce cancer » a déclaré Maximilien Vermandel, cofondateur de cette jeune pousse qui a levé 14 millions d’euros depuis sa création.

Les résultats sont très prometteurs. Les traitements sont déjà administrés au CHU de Lille et au University of Pennsylvania Medical Center (UPMC) de Pittsburgh, aux États-Unis, où Hemerion a ouvert une filiale. Les jalons ont été posés, les demandes d’autorisations de mises sur le marché ont été menées en parallèle. « Nous sommes à présent dans une phase 3 : le déploiement à l’international, avec comme cible l’Amérique du Nord et l’Europe » a conclu Maximilien Vermandel.

Les autres finalistes : Waga Energy (Isère, AURA), Stirweld (Ille-et-Vilaine, BRET.), Iadys (Bouches-du-Rhône, PACA), Vortex-IO (Haute-Garonne, OCCIT.), SBG Systems (Yvelines, Î-d-F).

Catégorie ETI : Prova

Muriel Acat-Vergnet, présidente de Prova, et Jean-Philippe Cuocci, Head of Global trade solutions BNP Paribas (© Ch. Gilguy)

Pour Muriel Acat-Vergnet, présidente de cette entreprise familiale francilienne basée en Seine-Saint-Denis, dont elle représente la troisième génération aux manettes, en affaire, il y a deux façon de faire : « Soit vous donnez du prix, soit vous donnez de l’amour ». Une belle philosophie quand on dirige un des leaders mondiaux de l’extraction des arômes de vanille, aujourd’hui diversifié dans tous les arômes bruns, incluant le cacao, le café, le caramel et les fruits à coque.

Prova, qui fournit pâtissiers et restaurateurs, est présente sur près de 70 marchés dans le monde et réalise à l’international 80 % d’un chiffre d’affaires de l’ordre de 120 millions d’euros. L’ETI, dont le siège social est à Montreuil, a ouvert 12 filiales à l’international pour couvrir les principaux marchés mondiaux, incluant la Chine et les États-Unis. Dans ce dernier pays, l’ETI a réussi à percer sur un marché des arômes de chocolat, pourtant si différent des goûts européens. Elle a aussi ouvert, en 2024, sa première usine à l’étranger, à Bangkok, en Thaïlande, pour se rapprocher des clients du Sud-Est asiatique et de leur goûts spécifiques.

Pour autant, l’entreprise tient à conserver le cœur de son appareil de production en France. Ses succès à l’international lui ont d’ailleurs permis d’investir en 2024 dans un second site de production en France, à Montrichard (Centre Val-de-Loire) dédié aux activités d’extraction et de mélange d’arômes pour l’industrie agroalimentaire. « Je suis arrivée dans une PME, nous sommes devenus une ETI » a glissé Muriel Acat-Vergnet, qui fête cette année le 80e anniversaire de l’entreprise.

Les autres finalistes : Clecim (Loire, AURA), Socomore (Morbihan, BRET.), Horus Pharma (Alpes maritimes, PACA), Spherea (Haute-Garonne, OCCIT

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