Trophées Occitanie du Moci 2025 : Relief Applications, Spherea, Vortex I.O, Anywaves, Look Up Space

Trophées Occitanie du Moci 2025 : Relief Applications, Spherea, Vortex I.O, Anywaves, Look Up Space

ParChristine Gilguy

Publié il y a 19 heures

Dans Actualités, Entreprises, Entreprises & secteurs, L’Info Export

Temps de lecture : 6 mins read

© Kétana Men

Après Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne, Provence Alpes-Côte d’Azur, la Corse, l’Occitanie ! Lors d’un événement organisé le 25 novembre à Toulouse, dans le cadre de l’Occitanie Export Tour, en partenariat avec les acteurs de la Team France Export régionale et avec le concours de BNP Paribas et LCL, les premiers trophées régionaux du Moci ont été remis aux dirigeants de quatre entreprises finalistes de la région, plus une cinquième distinguée par un prix « coup de cœur » du jury.

Au total douze entreprises finalistes avaient été pré-sélectionnées le 5 novembre par un jury composé des représentants des partenaires, trois par catégorie : ETI, Innovation, PME et startups. Le jury était composé des représentants des organisations partenaires suivantes : Région Occitanie, CCI Occitanie, Business France, Bpifrance, BNP Paribas, LCL, Le Moci.

Les entreprises lauréates ont donc été départagées au terme d’une séance passionnante de « pitch » et d’un vote en direct du public. Toutes nos félicitations à Spherea, Vortex I.O, Anywaves, Look up Space, et, pour le coup de cœur du jury, Relief Applications.

Coup de cœur : Relief Applications

De gauche à droite : Mehmet Asik (Turkish Airlines), Raphaël Bonnaud (Relief Application), Patrick Piedrafita (CCI Toulouse). © Kétana Men

Créée à Toulouse en 2014, cette petite PME de 1,1 million d’euros (M EUR) de chiffre d’affaires (CA), dont 90 % à l’international, développe des logiciels et des applications pour faciliter le travail des organisations humanitaires, ONG ou institutions internationales, dans le monde entier. Parmi ses dernières réalisations, un système central de gestion des urgences sanitaires, l’Emergency Information Management System (EIMS) pour l’OMS (Organisation mondiale de la santé), qui a permis à plusieurs pays de mieux coordonner leur réponse à des urgences sanitaires. D’après son CEO, Raphaël Bonnaud (photo ci-dessus), son activité a été plombée cette année par la décision de l’administration Trump de couper brutalement ses budgets dédiés à l’humanitaire. Il a fallu très vite diversifier ses débouchés. « Nous nous sommes réinventé » avec l’aide de la Team France export occitane, a-t-il déclaré lors de la remise de son trophée.

Catégorie ETI : Spherea

De g. à d. : Emmanuel Saint-Martin (Le Moci), Jean-Philippe Cuocci, (BNP Paribas), Vincent Bronet (Spherea), Christophe Laine (Douanes d’Occitanie). © Kétana Men

Issue du groupe Airbus en 2014, Spherea est ce qu’on appelle une belle pépite de la tech française. Sa spécialité : les tests de systèmes électronique critiques, pour lesquelles elle développe des solutions complètes, des machines aux logiciels, permettant de tester les matériels neufs mais aussi d’assurer leur suivi pour la maintenance. C’est elle qui conçut le banc de test pour le Concorde dans les années 60, machine qui ferait encore référence dans l’aviation mondiale, selon son directeur général Vincent Bronet (photo ci-contre).

Aujourd’hui, active dans 50 pays, son champ d’action concerne non seulement l’aviation, mais aussi la défense, l’énergie, l’automobile, le ferroviaire, le médical, autant de domaines où « l’électronique est partout » a glissé son dirigeant. Ses ambitions de croissance sont à la hauteur de marchés en forte croissance : « Avec l’augmentation des flottes d’avion, le marché est en train de doubler de taille » Vincent Bronet. Spherea, qui emploie près de 750 salariés devrait réaliser un CA de 168 M EUR de CA cette année, dont 35 % à l’export, vient de racheter une société du Michigan, aux États-Unis pour consolider sa position. Elle vise un CA de 279 M EUR en 2030, dont 50 % à l’international.

Autres finalistes : Groupe Actia, RAGT

Catégorie innovation : Vortex-IO

De gauche à droite : Emmanuel Saint-Martin (Le Moci), Jean-Christophe Poisson (Vortex-IO), Mathilde Nancy-Prévost (Bpifrance). © Kétana Men

Créée en 2019, cette jeune PME toulousaine réalise déjà près de 2,6 M EUR de CA avec 40 salariés. Elle amorce, cinq ans après sa création, son décollage à l’international depuis 2024, avec une forte croissance en perspective. Il faut dire que ce que fait Vortex-IO apporte une solution innovante dans un domaine que le changement climatique rend hautement sensible : le suivi hydrologique des cours d’eau et de leur qualité. S’inspirant de l’univers satellitaire, ses cofondateur, Guillaume Valladeau et Jean-Christophe Poisson (notre photo), ont mis au point une micro-station bourrée de capteurs connectée à un système central à son siège Toulouse. Installée sur les sites à surveiller, elle permet d’en suivre l’évolution sous toutes les coutures.

« Elle est gérée à la manière d’un satellite, a expliqué Jean-Christophe Poisson. Et cela permet d’envoyer des gens sur place uniquement lorsque c’est nécessaire ». Autant dire que les gains en efficacité et coûts sont énormes pour les administrations ou agences en charge de cette activité sensible. De fait, la solution intéresse tous les territoires touchés par le stress hydrique. Résultat, La PME a déjà vendu 700 de ses micro-stations dans dix pays. Elle vient d’effectuer une levée de fonds pour accélérer son déploiement à l’international. Parmi ses cibles : le Maroc, où elle a décroché un gros contrat (1 M EUR), l’Australie, où elle a signé un contrat avec l’État de Nouvelle Galle du Sud, et la Croatie, où elle nourrit de belles ambitions.

Autres finalistes : Ecocean, Genoskin

Catégorie PME : Anywaves

De gauche à droite : Emmanuel Saint-Martin (Le Moci), Hugo Bioret (LCL), Anne Lise Vo Thanh (Anywaves), Philippe Eeckhoutte (Business France Occitanie). © Kétana Men

Le petit objet blanc que montre au public Anne-Lise Vo Thanh, directrice commerciale de cette PME de 56 salariés basée à Toulouse (notre photo), ressemble, de loin, à une petite galette. C’est en fait une antenne satellite, l’un des produits phares d’Anywaves vendu à plus de 500 exemplaires dans le monde. La PME se définit comme un équipementier de l’industrie spatiale spécialisé dans la conception et la fabrication d’antennes pour satellites, sur étagères ou sur-mesure. Elle a notamment conçu la deuxième antenne déployable au monde, après celle de la Nasa !

Créée en 2017, l’entreprise a su prendre d’entrée le virage de l’essor des constellations satellitaires des lancements. « C’est un très beau contrat aux États-Unis qui nous a ouvert les portes de l’international » a relaté la directrice commerciale. Elle réalise aujourd’hui 11,75 M EUR de CA (2024) dont 66 % à l’export, avec pour principal marché les États-Unis (70 %), où elle a ouvert une filiale l’an dernier. « Nous avons des bureaux à Austin depuis un mois » a précisé Anne-Lise Vo Thanh, dont l’entreprise participe à pas moins de 15 salons internationaux du secteur chaque année. Les ambitions à l’international sont en effet importantes. Anywaves, qui a beaucoup investi dans le marketing sur Internet pour faire connaître son offre, a d’ores déjà commencé à percer en Asie, avec des contrats engrangés en Corée du Sud, au Japon et à Singapour.

Autres finalistes : France Noyer, Mecano ID

Catégorie Startup : Look Up Space

De gauche à droite : Thierry Cotelle (Région Occitanie), Juan Carlos Dolado (Look Up), Bérangère Ferrier (Conseillers du Commerce Extérieur de la France). © Kétana Men

Lorsque Juan Carlos Dolado (notre photo), cofondateur et CTO (Directeur technique) de cette jeune pousse de la surveillance de l’espace fondée en 2022 par d’anciens cadres du CNES, évoque la levée de fonds globale de 80 millions d’euros qu’elle a réussi à effectuer en deux fois (en 2023 et en 2025) pour financer sa croissance, il prend soin de préciser : « On a fait le choix de ne prendre que des investisseurs européens ». C’est dire si cette startup qui développe un réseau mondial de radars de nouvelle génération – baptisé « Sorasys » – pour surveiller un espace envahi de satellites et de débris, a conscience qu’elle adresse une demande touchant à des domaines hautement sensibles, car souverains. Ses radars, connecté à une plateforme d’analyse et de fusion de données spatiales baptisée « Synapse », peuvent détecter des objets spatiaux de quelques centimètres avec une précision remarquable.

Les marchés pour ce type de service de pointe sont porteurs, et la vision des fondateurs est résolument internationale : reconnu comme technologie duale souveraine dans l’Union européenne, Look Up coopère déjà avec plusieurs ministères de la Défense, s’intègre dans divers programmes européens, s’implante en Asie pour développer des partenariats avec différents pays (Corée, Japon) et ambitionne de créer une entité aux États-Unis. Son ambition est de devenir le leader européen de sa spécialité. La startup a franchi le cap des 3 M EUR de CA cette année, dont 60 % à l’export, et ses 90 collaborateurs sont aujourd’hui répartis entre la France (à 90 %), les États-Unis, le Royaume-Uni et Taiwan.

Autres finalistes : Bertrand Beaucourt, ROB OCC

Christine Gilguy

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