Existe-t-il encore la possibilité d’un monde meilleur ?
La chronique de Gustave TATOUCHE
La civilisation humaine a réussi à s’extraire de ses plus grands travers. Les individus, devenus citoyens, se sont éloignés de la barbarie, de l’esclavage, de la guerre et des emprises religieuses. Les peuples ont lourdement payé ces progrès lents et fastidieux pour forger les bases d’une société démocratique, maintenant ancrée dans de nombreuses régions du monde.
Pourtant, ces travers ancestraux resurgissent, sous des formes nouvelles et puissantes, mettant à mal les conquêtes de liberté, d’égalité et de fraternité de cette démocratie chèrement acquise.
Une poignée d’individus concentre aujourd’hui un pouvoir plus étendu que celui des rois d’antan, avec la possibilité d’amplifier à l’infini ce pouvoir financier dans le système capitaliste.
Chaque citoyen du monde observe impuissant ce phénomène, tout en le cautionnant inconsciemment à travers le principe premier de l’économie capitaliste : celui qui accorde à chacun le droit de s’enrichir sans limite, au nom de la liberté.
Nous sommes alors tous en train de laisser se réinstaller, à notre insu, les dérives que la civilisation humaine croyait avoir éloignées. Telle une épidémie oubliée, dont on aurait négligé le vaccin, cette poignée d’individus impose, sans nous consulter, les affres de nos vies de demain.
Les modes de vie qu’ils nous dessinent sont en contradiction avec les droits fondamentaux des individus, mais la puissance financière démesurée dont ils disposent leur permet, le jour venu, de réinstaurer la barbarie si elle sert leurs projets.
Certains de ces projets sont déjà en marche, et les guerres économiques et militaires précèdent l’assaut contre la démocratie, dernier rempart du citoyen face à l’oppression.
Dans le monde entier, démocratique ou non, le capitalisme a imposé deux types opposés de comportements sociaux : la fuite en avant, majoritaire, ou le repli. Nous oscillons parfois entre ces deux postures lors de moments de réflexion, moments de plus en plus rares dans le rythme effréné de nos vies modernes.
La fuite en avant est cette course à l’argent, quel que soit notre statut social, pour boucler les fins de mois et acquérir des biens superflus que la publicité nous vante en boucle, ou alors pour accroître une richesse déjà existante, car le capitalisme présente cette accumulation comme l’unique marqueur de réussite sociale.
Le repli, lui, représente un refus de cette course pécuniaire. Il est parfois un choix délibéré, tel un retrait volontaire de la société active, mais il est plus souvent subi, car le capitalisme exacerbé ignore les espaces où aucun profit n’est possible.
Le monde actuel est d’ores et déjà déchiré : le capitalisme a détourné les principes démocratiques pour les mettre au service d’une accélération permanente.
Les espoirs d’une société moderne, juste et équilibrée se sont évanouis face à une démocratie inachevée et fragilisée.
Alors, existe-t-il encore la possibilité d’un monde meilleur ? Pouvons-nous retrouver l’élan des grandes révolutions pour sortir de cette impasse et bâtir un nouveau projet civilisationnel ?
Prisonniers de cette fausse liberté que le capitalisme nous a vendue, nous avons oublié que nul n’a besoin de la perspective d’une richesse démesurée pour aspirer au bonheur dans une société équilibrée.
Ce mécanisme corrosif, à l’origine de la dégradation de notre civilisation, doit être combattu dès aujourd’hui. Pour cela, nous disposons d’une alternative révolutionnaire douce : le raisonalisme, concept que cette chronique explore depuis ses débuts dans le magazine Top Outremer.
Le raisonalisme, dans son volet économique, propose une nouvelle façon de s’enrichir, progressive avec l’âge et plafonnée, corrigeant la dérive sociétale que nous connaissons aujourd’hui.
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Gustave TATOUCHE
auteur essayiste














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