On pense à Maryse Condé, à ce Pointe-à-Pitre qu’elle décrivait dans Le Cœur à rire et à pleurer, encore fier, encore digne. Celui de Foix est plus désabusé, plus cru. On y retrouve les éclats du roman de Dany Laferrière, L’Énigme du retour, où beauté et désolation marchent main dans la main. Le film de Foix dit l’abandon d’une ville par ceux qui auraient pu en être les piliers, et l’acharnement de ceux qui restent, refusant de la livrer à la déréliction.
Le casting sonne juste : des gueules, des présences brutes, parfois maladroites, mais toujours vraies. La mise en scène, nerveuse et sobre, ne cherche ni à enjoliver ni à dénoncer : elle montre. Zion est un cri silencieux, un chant de résistance filmé au bord du chaos.
Nelson Foix signe ici un film intense, organique, traversé de silences éloquents et d’élans inattendus. Une œuvre forte, politique sans être didactique, poétique sans être naïve. Un regard neuf et nécessaire sur une jeunesse guadeloupéenne qui cherche encore où poser son cœur.
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