Les maires des 2 associations calédoniennes réunis

Les premiers magistrats de l’Association française des maires (AFM) et ceux de l’Association des maires de Nouvelle-Calédonie (AMNC) ont travaillé ensemble, vendredi, au Colisée. Une grande première depuis leur scission, 

 

 

BOURAIL Reunion mairesEric Gay, maire du Mont-Dore et président de l’Association française des maires (AFM), n’est certainement pas près d’oublier ce vendredi 13 mai 2016, où tous les maires du pays - ou leurs représentants - ont répondu présent à la réunion de travail organisée à la salle du Colisée, à Bourail.

« Pour moi cette journée est très importante, car c’est la première fois que les deux associations de maires du pays se réunissent et travaillent ensemble depuis la scission intervenue en 1984, s’est-il félicité. Inviter les trente-trois communes à se mettre autour d’une même table est quelque chose de très fort. »

« À noter aussi que La Foa, qui n’est, dans aucune des deux associations, était également présente », observe Wilfrid Weiss, maire de Koumac, 2e vice-président et porte-parole de l’Association des maires de Nouvelle-Calédonie (AMNC),

Un point central

Au cours de ce séminaire, les élus ont réfléchi et échangé sur des sujets de portée commune et dont les enjeux sont importants pour leur collectivité. « Bourail a été choisie pour sa situation géographique centrale. Même les maires des Îles ont accepté de se déplacer », se réjouit l’édile de Koumac.

En amont de cette grande rencontre, les membres du bureau des deux associations se sont rencontrés pour faire aboutir cette réunion conjointe et arrêter l’ordre du jour. « L’objectif de la rencontre est de débattre de problématiques importantes auxquelles sont confrontées toutes les communes du pays, a indiqué Éric Gay. Pendant mon mandat, je voulais faire aboutir deux actions, qui me semblent importantes. D’une part, le rapprochement des deux associations de maires pour parler d’une seule et même voix et, d’autre part, la fiscalité, pour trouver des moyens financiers pour les communes. Je suis donc doublement satisfait. »

Le problème de la délinquance des jeunes, celui de l’alcool, la nouvelle taxe TGC et son impact sur les communes ainsi que le droit de préemption sont quelques-uns des points qui ont été largement débattus. « Le droit de préemption nous a offert l’opportunité d’échanger, en parallèle, sur le problème du foncier, a souligné Wilfrid Weiss. Dans ce cadre, une loi du pays est en cours de préparation. Celle-ci pourrait aussi concerner le développement des communes. Certaines d’entre elles rencontrent des difficultés. C’est le cas, par exemple, de Dumbéa, où on a imposé des choses. Nous, en Brousse, la vision est différente, car on pense pouvoir mettre en place le droit de préemption qui va nous permettre de récupérer des terres pour en faire des lotissements. On n’est pas dans la même dynamique, mais on peut avoir une position commune. »

Une autre rencontre

Les moyens des maires, la sécurité civile et le budget annexe des écoles étaient également à l’ordre du jour, mais n’ont malheureusement pas pu être traités par manque de temps. « Je pense que l’on va réitérer ce genre de séminaire dans quelque temps pour pouvoir aborder les autres points non traités aujourd’hui », a indiqué le maire de Koumac.

Une autre réunion avec une logistique moins lourde. « Ne réunir que les bureaux des deux entités me paraît moins lourd à mettre en place. Malgré tout, personnellement, je suis très satisfait de cette première rencontre, car la vie d’une commune ne s’arrête pas à la politique », a conclu Wilfrid Weiss.

Repères

La scission

L’Association des maires de Nouvelle-Calédonie (AMNC) a vu le jour en 1972 et regroupait l’ensemble des communes du pays. En 1984, Les divergences politiques poussent les maires non indépendantistes à créer une autre organisation : l’Association française des maires de Nouvelle-Calédonie. Depuis 1995, l’AMNC dispose de son propre centre de formation d’élus, agréé par le ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, 22 des 33 communes du pays sont adhérentes à l’AMNC, qui est présidée par Robert Xowie, maire de Lifou.

Une réunification ?

Malgré leur séparation, les deux associations sont fréquemment en contact, puisqu’elles siègent notamment toutes les deux dans de nombreuses instances publiques (CHT, Enercal, etc.), C’est pourquoi l’idée d’une réunification, portée par quelques maires, refait régulièrement surface. « Pour être crédibles et parler d’une même voix aux institutions, on doit être capable de discuter tous ensemble et de s’accorder sur des textes traitant de nos problématiques communes », insiste Wilfrid Weiss.

 
De notre correspondante, Nadège Bège
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