Législatives 2022 : En Outre-mer, 316 candidats pour 27 sièges à l'Assemblée nationale

Dans les territoires d’Outre-mer, les représentants de l’État, préfets et Hauts-commissaires, ont validé et fixés les listes des candidats pour les prochaines législatives. Outremers360 fait le tour des candidatures et des enjeux ultramarins pour cette prochaine échéance électorale.

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Saint-Pierre-et-Miquelon : 4 candidats

Dans cette circonscription unique de cette collectivité française de l'Amérique du Nord, quatre candidats sont en lice pour succéder à Stéphane Claireaux qui ne se représente pas. Dans ce scrutin législatif, on retrouve des candidats habitués à cette élection. C'est le cas de Stéphane Lenormand, l'ancien président du conseil territorial de Saint-Pierre-et-Miquelon, déjà candidat en 2017, se positionne à nouveau pour ces élections législatives dans le territoire sous l'étiquette d'Archipel Demain.  

Dans cette élection nationale, seul le parti La France Insoumise est représenté dans cette circonscription. Ni le parti de la majorité présidentielle Ensemble !, ni le Rassemblement national n'ont de candidats investis à Saint-Pierre-et-Miquelon. Pourtant ce dernier était arrivé en tête dans le second tour de l'élection présidentielle. 

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Guyane : 27 candidats 

Sur les deux circonscriptions que compte la collectivité, la première circonscription laissée vacante par Gabriel Serville devenu président de la CTG en juin 2021 est très convoitée. 18 candidats vont se défier pour ravir ce siège contre 11 candidats en 2017. La deuxième circonscription dans laquelle le député sortant Lénaïck Adam remet son écharpe de député en jeu, un total de 8 candidatures a été validé par la Préfecture de Guyane. 

Côté partis nationaux, la majorité présidentielle a décidé de réitérer l'investiture de Lénaïck Adam, député sortant de la seconde circonscription. Le Rassemblement national arrivé en tête le 24 avril, et qui se défend d'être le premier parti en Guyane, a choisi de présenter un candidat dans les deux circonscriptions : Jérôme Harbourg, référent local du RN en Guyane dans la première circonscription et Virginie Thomas, dans la seconde. Pour sa part, Philippe Bouba conduira une liste La France Insoumise dans la première circonscription. Jenny Bunch, candidate de la seconde circonscription, défendra les couleurs de Debout La France, parti de Nicolas Dupont-Aignan.

Au niveau local, Péyi Guyane, parti de Gabriel Serville sera représenté par Thibault Lechat-Vega, vice-président de la collectivité. Mais les autres partis de la gauche locale, certes très divisés, sont également bien présents : Line Létard (Union du Parti socialiste guyanais, Walwari et Guyane Ecologie), Myrtha Cartier (Les Nouvelles Forces de Guyane), Boris-Chong-Sit (Guyane Rassemblement), Jean-Victor Castor (MDES) dans la première circonscription et Wender Karam (PSG) dans la seconde circonscription. Lénaïck Adam aura fort à faire face à sept autres adversaires dans la seconde circonscription. Comme en 2017, il retrouve Davy Rimane ou Jean-Christophe Dolor.

On retrouve également des personnalités de la société civile comme Joëlle Prévot-Madère, Présidente de la CGPME Guyane, et ancienne conseillère CESE dans la première circonscription.

Saint-Martin et Saint-Barthélémy : 6 candidats

Dans cette circonscription unique réunissant les deux collectivités du nord de l'archipel guadeloupéen, seuls 6 candidats se sont engagés dans ce scrutin, c'est deux fois moins qu'en 2017 où 13 candidats s'étaient positionnés. La candidate sortante Claire Javois qui porte l'investiture des Républicains affrontera le candidat de la nouvelle majorité à la Collectivité territoriale de Saint-Martin et soutenue par la majorité présidentielle Frantz Gumbs. Ancien député de la circonscription et ancien Président de la Collectivité, Daniel Gibbs s'est également aligné pour concourir ce siège à l'Assemblée nationale. A noter la présence du parti d'Eric Zemmour, Reconquête qui a investi la candidate Béatrice Cazé. 

Guadeloupe : 59 candidats

C'est la collectivité qui enregistre la plus forte diminution de candidatures par rapport aux élections législatives de 2017. Seuls 59 candidats sont déclarés dans les quatre circonscriptions du département contre 82 en 2017. Parmi les forces politiques en position,Ensemble ! soutient 3 candidats dont Justine Bénin, nouvellement nommée secrétaire d'Etat en charge de la merqui se présente pour un nouveau mandat, La France Insoumise et le Rassemblement national ont respectivement investi trois candidats. Le parti Reconquête dispose de deux candidats : Paola Plantier dans la seconde circonscription et Christian Zozio dans la quatrième circonscription. 

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A l'exception de la quatrième circonscription où la député sortante Hélène Vainqueur ne se représente pas, les trois autres députés sortants font face chacun à une dizaine de candidats-adversaires. Mais la troisième circonscription est celle la plus convoitée avec 20 candidats. Max Mathiasin est opposé entre autres à Ferdy Louisy, maire de Goyave,Président du Parc national de Guadeloupe (soutenu par la majorité présidentielle) et à Rody Tolassy, référent local du Rassemblement national qui compte surfer sur la vague bleu-marine de l'élection présidentielle.

Martinique : 55 candidatures 

Sur l'ile voisine de la Martinique, 55 candidatures ont été validés par la Préfecture de Martinique. Le Rassemblement national, fort de sa percée en Martinique tentera de renforcer son ancrage dans le territoire avec un candidat dans les quatre circonscriptions en lice. La France Insoumise tentera de contrer cette percée en plaçant trois candidats. La majorité présidentielle a choisi d'investir deux candidats Audrey Giraud dans la troisième circonscription et Laurence Tibérinus dans la quatrième circonscription, deux personnes de la société civile.

Dans cette collectivité, les regards seront tournés dans la circonscription du Sud (4ème circonscription) où le député sortant Jean-Philippe Nilor affronte celui qui l'a lancé dans l'arène politique, Alfred Marie-Jeanne, l'ancien président du conseil éxécutif de la CTM. La circonscription de Fort-de-France, ancienne circonscription de Serge Letchimy est également disputée avec 14 candidats qui tenteront de ravir ce siège laissé vacant. 

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La Réunion : 92 candidatures

Avec ses sept circonscriptions, l’île sera très probablement le terrain législatif le plus disputé en Outre-mer. Pas moins de 92 candidats se présentent dans les sept circonscriptions, soit trois de plus qu’en 2017. Ici, l’enjeu et la question sont semblables aux territoires du bassin Atlantique : les résultats de la présidentielle se reflèteront-ils aux Législatives ? 

En 2017, Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête au premier tour (24,53%). Seulement, un seul député LFI, Jean-Hugues Ratenon, avait été élu à l’Assemblée nationale. Avec Huguette Bello et Ericka Bareigts, ils étaient les seuls députés réunionnais de gauche. Seulement, en 2022, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête avec un bien meilleur score (40,26%). En outre, et malgré de nombreuses candidatures dissidentes, l’alliance de gauche Nupes a réussi à s’entendre sur une liste de candidats par circonscription : Philippe Naillet, Karine Le Bon ou encore, Jean-Hugues Ratenon pour les têtes d’affiches. 

De l’autre côté de l’échiquier politique, le Rassemblement national entend aussi capitaliser sur les bons scores Outre-mer de Marine Le Pen. La candidate était arrivée 2ème puis 1ère à la présidentielle. Le parti a donc investi des candidats dans toutes les circonscriptions. Une stratégie que la majorité présidentielle Ensemble ! n’a pas suivi.En effet,le parti d’Emmanuel Macron a investi trois candidats (Bachir Valy, Laurent Virapoullé et Hélène Coddeville), et apporté son soutien à deux candidats (Audrey Fontaine et Eric Leung) et restera absent dans deux circonscriptions. 

Les regards seront également tournés vers les députés sortants et candidats portant l’étiquette LR. Ils sont deux: Nadia Ramassamy et David Lorion, qui a une forte chance de réélection.

Mayotte : 21 candidatures

À Mayotte, 21 candidats sont en lice dans les deux circonscriptions de l’île, contre 32 en 2017. Ici, la bataille penchera vers la droite, les thèmes de l’immigration et de la sécurité étant prépondérants. Les candidatures les plus susceptibles à être qualifiées au second tour sont donc celles de la majorité présidentielle - Ramlati Ali (députée sortante) et Boinamani Madi Mari, du parti LR -Mansour Kamardine (député sortant) et Issihaka Abdillah-, et du Rassemblement national. Non sans surprise, le parti de Marine Le Pen, malgré ses bons scores à la présidentielle, ne présentera qu’un candidat en 2ème circonscription, Saïdali Boina Hamissi. 

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Bien que le débat penche considérablement à droite à Mayotte, Jean-Luc Mélenchon et la Nupes ont malgré tout décidé de soutenir deux candidats : Yasmina Aouny dans la 1ère circonscription et Ali Djaroudi dans la seconde. Un test pour la gauche à Mayotte alors que le candidat de l’Union populaire était arrivé 2ème au premier tour de la présidentielle avec 23,96% des suffrages exprimés. Un score surprise qui s’explique par la pauvreté et les inégalités sociales marquées à Mayotte, thèmes qui trouvent écho à gauche. 

Nouvelle-Calédonie : 17 candidatures

En Nouvelle-Calédonie, où Emmanuel Macron a dominé le scrutin présidentiel,17 candidats ont été validés par le Haut-commissaireIci, l’enjeu est naturellement l’avenir institutionnel de l’archipel, alors que l’accord de Nouméa touche à sa fin et que les trois référendums ont eu pour issue le non à l’indépendance. Après les législatives va s’ouvrir un période de discussion d’un an, autour d’un projet institutionnel, qui fera l’objet d’un nouveau référendum. Être représenté au parlement est donc un enjeu de taille pour les formations politiques locales, indépendantistes et non indépendantistes, pour faire entendre leurs voix respectives. 

Du côté non indépendantiste, la présidentielle a rebattu la géographie politique. Les alliés d’hier sont devenus les adversaires d’aujourd’hui. Ainsi, la coalition l’Avenir en confiance, menée par les partis Le Rassemblement-LR de Thierry Santa et Les Républicains calédoniens de Sonia Backès, s’est rompue. Cette dernière, qui a affiché en décembre dernier son soutien à Emmanuel Macron, a préféré se rapprocher de Calédonie ensemble (Philippe Gomès) et Générations NC (Nicolas Metzdorf) pour former une alliance qui a reçu l’investiture de la majorité présidentielle Ensemble !.  Une alliance qui réunit aussi plusieurs maires non indépendantistes de l’agglomération nouméenne. 

En face, Thierry Santa et Virginie Ruffenach ont préféré maintenir leur lien avec le parti national LR et ont présenté leurs candidatures bien avant le premier tour de la présidentielle. Une présentation qui a d’ailleurs jeté le froid au sein de la coalition l’Avenir en Confiance. 

Chez les indépendantistes, la démarche est quasi « unitaire ». Le canal historique FLNKS a décidé de s’élargir à d’autres mouvances politiques pour présenter des candidats uniques dans les deux circonscriptions de l’archipel. Échaudés par le dernier référendum dont ils contestent les résultats, les indépendantistes veulent à tout prix siéger à l’Assemblée nationale. Un pari à la fois difficile mais pas insurmontable, tant ils se sont, par le passé, désintéressés des échéances nationales mais ont prouvé qu’ils pouvaient mobiliser fortement leur électorat et créer la surprise comme lors des deux premiers référendums où le oui à l’indépendance a engrangé plus de voix qu’attendues. Seule ombre au tableau unitaire, la candidature dissidente de la présidente du MNIS en 2ème circonscription.  

Polynésie française : 27 candidatures 

Dans cette Collectivité d’Outre-mer, 27 candidats se disputent trois circonscriptions. Ici, l’échéance électorale qui arrive est un dernier tour de chauffe avant les Territoriales de 2023, et ces dernières années, le paysage politique en Polynésie a donné lieu à quelques évolutions. Cela donne aussi lieu à une variété de thèmes de campagne allant du pouvoir d’achat à la lutte contre la corruption en passant par l’établissement d’une citoyenneté polynésienne, le foncier, l’immobilier, l’environnement, les conséquences des essais nucléaires, l’emploi et même l’évolution statutaire voire la souveraineté.

Les trois candidats du président de la Polynésie Édouard Fritch sont, a priori, favoris. Son parti, le Tapura Huira’atira peut compter sur son implantation locale. Mais voilà, la crise sanitaire est passée par là et avec elle, une crise de confiance à l’égard des politiques, et particulièrement des élus de sa majorité. Ajouté à cela, la guerre en Ukraine qui a impacté le pouvoir d’achat des Polynésiens quand, en parallèle, le gouvernement instaure une nouvelle taxe de contribution au système local de sécurité sociale ou encore, les sentiments des Polynésiens de perdre leurs ressources ou emplois, sont autant d’éléments qui mettent en difficulté électorale Édouard Fritch, ses candidats et son parti.  

Malgré cela, Édouard Fritch a l’avantage d’avoir face à sa majorité une opposition aux multiples visages. Il y a les indépendantistes du Tavini Huira’atira d’Oscar Temaru (soutenus par la Nupes), les candidats du Amuitahira’a de l’ancien président Gaston Flosse, les candidats A Here Ia Porinetia rassemblés derrière la députée sortante de la 2ème circonscription Nicole Sanquer, le Hau Ma’ohi Ti’ama de Tauhiti Nena ou encore, les Verts de Jacky Bryant. De son côté, l’antenne locale du Rassemblement national a décidé d’être présent dans une seule circonscription et de soutenir les candidats Tauhiti Nena et Nuihau Laurey dans les deux autres et ce, malgré les bons scores de Marine Le Pen à la présidentielle. 

Wallis et Futuna : 8 candidatures

Sur cet archipel du Pacifique sud, huit candidats se disputent l’unique circonscription. L’actuel député Sylvain Brial ne se représente pas, les candidats sont donc tous de nouveaux candidats à cette échéance. Six d’entre eux sont étiquetés « divers centre », contre un étiqueté « divers gauche » et un « écologiste ». Ici, aucun parti national n’a donc investi de candidat. Pour rappel, c’est Emmanuel Macron qui est arrivé en tête des deux tours de la présidentielle. 

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copyright Outremers360 Eline Ulysse & Jean Faatau

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