L’outre-mer au congrès FNSEA de Brest

 

C’est à Brest, les 28et 29 mars 2017 que les agriculteurs ont rendu un dernier hommage au président de la FNSEA, Xavier Beulin, décédé brutalement le 19 février dernier. Les délégations de Mayotte, de la Martinique, de la Réunion et de la Guadeloupe ont également soutenu leurs spécificités et revendications.

CONGRESFNSA2017La Présidente de la Fdsea Mayotte, Laïni MOGNE MALI, portait l’intervention des départements outremarins. « L’absence de nos amis guyanais est symptomatique de nos problématiques agricoles d’Outre-Mer. Le deuxième pilier de la PAC n’est pas payé. Et les petits producteurs n’ont rien reçu. » Et elle précise que « les montants sont inférieurs aux minimums de versement. C’est une honte ! » Alors que la situation des agriculteurs en Outre-Mer nécessite souvent un refinancement, « les relations avec les banques sont très difficiles. Et l’administration semble découvrir que les prêts possibles en métropole ne le sont pas en Outre-Mer. » Depuis Paris, les Jeunes Agriculteurs et la FNSEA ont fait savoir qu’ils soutenaient les propositions défendues par la profession guyanaise qui s’articulent autour d’un protocole qui reprend notamment les problématiques foncières et d’installation.

Le Fléau de l’insécurité

L’agriculture mahoraise n’échappe pas aux difficultés de mise en œuvre de la Politique Agricole Commune. La présidente Laïni MOGNE MALI s’inquiète d’un autre fléau pour pourrait avoir raison de l’agriculture du département. « A Mayotte, l’insécurité est généralisée et totale, vols, vols avec violence, violations de domicile, installations sur les propriétés d’autrui, squats, massacres de cheptel. L’Etat et le Conseil Départemental doivent intervenir. Nous demandons la mise en place d’une convention de sécurisation de la population rurale. La situation est insurrectionnelle. » Il est urgent, depuis les ministères concernés, qu’une organisation se mette en place pour délivrer les agriculteurs de cette calamité. Il est urgent que la loi soit appliquée semble clamer la présidente.

Négociations à haut risque

Portant la parole d’outre-mer, Laïni MOGNE MALI rappelle que pour la production de canne sucrière ce sont les planteurs qui font la filière. « La fin des quotas enrichit les industriels de 38 millions de plus. Les planteurs sont lésés. Cela est insupportable ! » La présidente ajoute que « les rencontres ministérielles doivent aboutir, au plus vite, au fléchage des aides compensatrices aux planteurs. » Les prochaines négociations entre planteurs et industriels risquent d’être tendues. Laïni MOGNE MALI « Les relations commerciales avec les industriels doivent également être réformées. Les modalités de calcul du prix de la canne ont plus de trente ans. Cela ne peut plus durer. » Elle soutient aussi la revendication des petits planteurs de banane de Guadeloupe qui appellent à une augmentation de leur quota.

Retraites calamiteuses

Le sujet des retraites est également porté aux débats de ce congrès de Brest. « Nous avons une démarche commune en Outre-Mer. » précise la présidente. « La faiblesse des retraites maintient les anciens en activité et freine les installations de jeunes. Là encore les rencontres ministérielles restent lettre morte depuis trop longtemps. Nous interpelons les candidats ! Le sujet des retraites devra rapidement être réglé par le prochain gouvernement. » Les représentant d’outre-mer demandent simplement que les retraites soient équivalentes à celles de la métropole. Enfin, Laïni MOGNE MALI évoque la particularité météorologique des outre-mer qui cumulent « tous les excès climatiques, sécheresse, tempête, ouragans… et là encore les solutions sont parfois ubuesques ! Les mahorais sont notamment appelés à aller chercher l’eau potable à la Réunion. Et les dossiers calamités tardent à être payés. Plus de 2 ans pour être indemnisé. Comment pouvons-nous survivre ? » Le prochain président devra se pencher sur l’ensemble de ces sujets pour éviter l’embrasement de département d’outre-mer.

Eric Berton

FNSEA

Département Syndical

11, rue de la baume - 75008 Paris

Tél. : 01.53.83.47.44


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