Gaël Monfils sera-t-il l’ultime Mousquetaire ?

Le Tournoi de tennis de Roland Garros célebre chez les hommes le trio NADAL/DJOKOVIC/FEDERER, et l'avénement d'une joueuse américaine  de 17 ans  Amanda Anisimova.Chez les français, seul Gael Monfils , éliminé en 1/8 de finale a tenu son rang.

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Le dernier des Mohicans ? Photo par Tatiana/CC BY-SA 2.0

 

 

Lors du deuxième tour de Roland-Garros de cette édition 2019, c’était avec excitation que l’on retrouvait nos Nouveaux Mousquetaires tous les quatre présents au rendez-vous car, étant donné leur âge qui n’en finit plus de grandir et leurs performances qui n’en finissent pas d’être plus qu’aléatoires, nous ne sommes pas sûrs qu’un tel scénario se reproduise dans les années qui viennent.

Le seul à tenir son rang

Mais après ces matchs du deuxième tour, le constat est sans appel avec les éliminations de Gasquet, Simon et Tsonga et la seule qualification de Monfils qui, en tant que tête de série numéro 14, était le seul français à faire partie du top 20 mondial et donc la meilleure chance de bon parcours français selon les spécialistes du tennis.

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Richard Gasquet, 32 ans et 29ème mondial, est tombé logiquement face à l’argentin Londero, pourtant pas une grande terreur du circuit. Jo-Wilfried Tsonga, 34 ans et redescendu au 84ème rang mondial, n’a lui pas démérité face à Nishikori mais la marche était trop haute. Et pour Gilles Simon, 34 ans et 33ème à l’ATP, la défaite fut humiliante face au qualifié Caruso, 147ème mondial. Il n’y a donc que Gaël Monfils, 32 ans et 17ème au classement ATP, qui a tenu son rang, face à un autre français, Adrien Mannarino. A partir de ces résultats du deuxième tour, et sans tenir compte de la suite du tournoi de Monfils, peut-on envisager que Monfils sera le dernier des Nouveaux Mousquetaires à se montrer performant au haut niveau ? Bien que né à Paris, Monfils est un enfant d’outre-mer puisque son père est guadeloupéen et sa mère martiniquaise. Il avait d’ailleurs accepté de venir pour la rencontre de Coupe Davis organisée en Guadeloupe en 2016 essentiellement pour cette raison familiale. Cette rencontre avait été historique à plus d’un titre puisque ce fut également la seule fois de l’histoire où les Nouveaux Mousquetaires furent sélectionnés tous ensemble, aussi incroyable que cela puisse paraître tant ils ont marqué les années 2010 du tennis français.

Fraîcheur et dynamique

Les éléments qui poussent à croire que Monfils sera l’ultime Mousquetaire sont nombreux et dépassent le cadre de ce simple Roland-Garros. D’abord pour une simple question d’âge puisque, avec 2 ans de moins que Simon et Tsonga, il peut encore espérer de bonnes sensations physiques plus longtemps que ces deux-là. Ensuite, parce que sa meilleure saison dans l’élite ne date pas de si loin mais seulement de 2016, quand il avait pu participer au Masters de fin d’année pour la première fois de sa carrière. Si 2017 n’avait pas été tronqué par des blessures, il serait peut-être encore plus haut aujourd’hui. En comparaison, les meilleures années de Tsonga, Gasquet et Simon datent respectivement de 2012, 2008 et 2007.

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Quand ils étaient encore jeunes et pleins de promesses Photo par LPLT/CC BY-SA 3.0

D’un point de vue des résultats depuis le début de l’année, là aussi la dynamique parle plutôt en faveur de Monfils puisqu’il a remporté le 8ème titre de sa carrière au tournoi de Rotterdam. Avec une demi-finale à Dubaï et un quart de finale au Masters 1000 d’Indian Wells avant quelques blessures qui l’ont écarté de plusieurs tournois, le bilan est satisfaisant. Le seul qui peut se vanter de bons résultats en 2019 est Tsonga avec un titre à l’Open de Montpellier, mais celui-ci revenait de loin après une saison 2018 presque blanche.

Un homme fragile

Reste une donnée qui est la plus difficile à évaluer, celle du physique et des chances de blessures de Monfils et des autres. Force est d’abord de constater qu’aucun d’entre eux n’aura été épargné par ces coups du sort lors des récentes années. Ce fut donc en 2018 pour Tsonga, alors que Gasquet aura manqué les années 2009 et 2014 et que Simon aura connu des difficultés en 2010. Mais pour Monfils c’est plus compliqué car con corps, à qui il demande beaucoup par son jeu ultra-intensif, aura souvent été le facteur limitant de sa réussite. Avec de graves problèmes en 2012, 2013, 2015 et 2017, sa progression n’aura cessé d’être stoppée.

En résumé, si son corps tient enfin bon, Monfils peut espérer une longévité supérieure aux autres, mais si ses jambes lâchent, la retraite ne sera plus loin pour le martiniquo-guadeloupéen. Quant au rêve d’un Grand Chelem pour n’importe lequel des Mousquetaires, il ne restera probablement que ça à jamais : un rêve.

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