Le Collectif des associations ultramarines (originaires d'Outre-mer) communique.

 

COMPTES-RENDUS DE LA RENCONTRE DES ASSOCIATIONS POST MARCHE DU 23 MAI 2018 DU 29 SEPTEMBRE ET DU 16 NOVEMBRE 2018

Samedi 29 septembre 2018

Rappel: Après la marche, il a été prévu de faire un bilan de la marche avec les associations qui ont participé à cette marche. 110 avaient signé l’appel à la Marche.

Associations présentes :

Tous créoles, Influence outre-mer, La case créole (Noysy-le-Sec), Le Colibri (Mennecy), CM98, CAFAM, Amitag de Meaux, Association des Antillais de Creil, Drapeau Blanc, Couak, Plis Fos, Diaspora, Dom-Tom du Vallois.

Serge Romana, souhaite à tous la bienvenue, demande à chacun de se présenter et rappelle lordre du jour. Il sagit de faire un bilan sincère de la Marche du 23 mai 2018. Il avait souhaité que cela se produise tout de suite après le 23 mai, mais cela na pas été possible.

DRAPEAU BLANC.

Très satisfait de ce rassemblement qui était beau à voir. Heureux den avoir été un des participants. Les prises de paroles au départ comme à République étaient très bien. 1 bémol sur la transition avec Limyè ba Yo, Place de la République.

TOUS CREOLES.

Très belle marche. Il semble que le message soit bien passé. Belle marche, mais peut être améliorée, notamment sur les points suivants: lArrivée et les banderoles.

INFLUENCE OUTRE-MER.

Je partage les avis des précédents intervenants sur la qualité de la marche et ce que lon a pu y ressentir. Mais il est utile maintenant den citer les points négatifs. Nous avons passé beaucoup de temps en réunion par les comités pour un résultat somme toute mitigé, puisque nous ne sommes pas arrivés à rassembler au-delà de notre cercle (les jeunes, les autres communautés ultra-marines: Guyanais, Mahorais). Doit-on continuer ce genre de rassemblement pour un tel résultat?

CASE CRÉOLE

Oui, c’était une belle marche. Mais où étaient les mamans? Le choix du jour peut-être (en pleine semaine un mercredi) explique que nous navons pas pu rassembler comme en 1998. Peut-être aurait-il été mieux de lorganiser un samedi? Quant à l’absence des jeunes, la question de lesclavage est dépassée. Quelles propositions en dehors de cette question? La balle est dans notre camp.

COLIBRI

Belle Marche, vécue avec ferveur. Un peu difficile pour sinscrire au départ de la Marche au Louvre, car il y avait un problème organisationnel pour lobtention des badges. À l’arrivée Place de la République, nous ne savions pas trop bien ce quil fallait faire.

CAFAM.

Compliqué de faire un vrai bilan, la Directrice du CAFAM étant elle-même très impliquée dans la Marche. Quelques problèmes pour se positionner dans la Marche qui était malgré tout très belle. Bravo aux organisateurs. Quelques remarques: Absence de banderoles pour certaines associations, problème de sono au départ. Les participants étaient tous des Franciliens, pas dassociations de province. Peut-être à cause du choix du jour (mercredi). Les absents ont-ils perçu et bien compris les raisons de la Marche?

AMITAG DE MEAUX

Très belle marche, mais le jour choisi à peut-être joué un rôle dans le peu de personnes présentes ce jour-là. Il convient aussi de faire une bonne analyse du bilan.

Association des Antillais de Creil

Pas assez de monde. Peut-être nous y sommes nous pris trop tard, mais cest malgré tout un résultat remarquable. Même questionnement : où étaient les jeunes?

PLISS FOS

Très bien. Aimerait quun tel événement se renouvelle tous les ans, pour encore mieux marquer le coup.

COUAK

Très bien. Très bonne organisation. Des soucis à l’arrivée dus à la présence dun indésirable qui a empêché la ministre des DOM de parler. La sécurité n’est pas intervenue assez vite. Est toujours disposé a aider pour la prochaine fois.

DIASPORA.

Première participation, mais a trouvé cette action très importante. Était absente à la Marche de 1998. Cela doit déboucher sur un travail sur nous-mêmes et notre place dans cette société française. Une action qui devrait plus sadresser à la politique. Cette action devrait nous aider à trouver notre impact dans la Nation.

CM98

Nous devons nous garder de comparer les deux Marches (98 et 2018). Il y a 20 ans, nos associations étaient plus présentes et rassemblaient plus doriginaires doutre mer, tant en région parisienne quen province. La tenue de la Marche et les messages ont bien été entendus. Les mots dordre étaient aussi actuels en dehors du message mémoriel. Cette année, il faut relever la présence des personnalités de notre communauté, des associations (plus dune centaine) et des associations antiracistes. Cest le départ de quelque chose quil convient de creuser plus avant. Déception concernant les associations en particulier celles des jeunes. Il faut arriver à les «réveiller». L’État a pourtant avancé sur notre revendication la plus importante: le mur des noms aux Tuileries. Ce qui signifie que nous sommes bien pris en compte. Un autre bémol concernant la Marche: la difficulté à conjuguer les deux événements dans la même journée. Marche et Limyè ba Yo. Restent aussi quelques dépenses qui ne sont pas réglées.

S. ROMANA

Brève synthèse de ce qui a été dit jusqu’à présent. Marche très structurée, bien organisée. Au final nous pouvons être fiers de nous être fait entendre malgré les difficultés (jour de grève, en semaine, menace de pluie, etc.). Il pense (malgré les difficultés financières) que la campagne payée à NOFI a bien fonctionné.

M.L. MORMIN.

Il faudrait justement savoir si lacceptation de notre demande (Mur des noms) na pas eu un impact négatif sur la mobilisation de la Marche. Comment convaincre les jeunes de reprendre le flambeau.

S. ROMANA.

L’État nous a vus et reconnus comme étant un mouvement sérieux. En effet, réunir à la fois un si grand nombre dassociation et de personnalités (Pulvar, Firmine, Légitimus etc), les politiques(Taubira, Mathiasin, Serva et dautres) et les Béké(Hayot, de Lucy et autres), est une première dans notre histoire et de ce fait une réussite politique importante. Concernant la question de la date et du jour (un mercredi), nous nous sommes posé la question, mais si nous devons être respectés, il faut consentir des sacrifices et c’en était un. Les autres mots dordre davenir correspondant aux problèmes actuels de notre jeunesse étaient pourtant bien présents. Ils ont peut-être été occultés par ceux portant sur les questions mémorielles (lesclavage). Le problème des finances est aussi crucial comme la dit le président du CM98. Mais la question sur laquelle nous devons réfléchir aujourdhui est la suivante. Devons-nous refaire une Marche en 2019?

DRAPEAU BLANC: il faut la faire tous les ans, mais élargir aux revendications sur lesclavage moderne. Garder laspect silencieux.

M.L. MORMIN

Ouiil faut lorganiser tous les ans! Mais comment, vu toutes les difficultés (financières) qui nont pas encore été soldées.

DIASPORA;

Oui, mais la préparer plus en amont (peut-être grâce à des ateliers de sensibilisation au niveau des associations.

AMITAG DE MEAUX : Cela ne peut se faire que si un travail interassociatif est effectué tout au long de l’année. Ce fut le cas avant avec les groupes de paroles et chemin de fer.

SERGE.

Notre communauté n’a pas souvent loccasion de se rassembler. Kassav et peut-être deux ou trois événements ponctuels dans l’année. Le 23 mai est une date. Mais la question reste posée concernant les prochain 23 mai. Ne faudrait-il pas travailler avec toutes autres associations autour de cette date?

ML MORMIN.

Elle propose de se regrouper pour réaliser des actions comme cest le cas pour le mois du créole. Peut-être devrions-nous faire une sorte de consortium.

E. GORDIEN.

Le 23 mai est une date nationale qui nappartient donc pas au seulCM98. Concernant les questions financières, il doit en discuter avec le GIP qui préfigure la future fondation nationale.

AMITAG DE MEAUX.

Le jour [mercredi] était sûrement un problème. La preuve! Ils ont commémoré cette année le 23 mai le mercredi et ont pu rassembler: 60 personnes seulement. Le dimanche 5 juin, il ont rassemblé 300 personnes dans une manifestation autour dune messe et dune manifestation culturelleIl faut donc réfléchir réellement à la question du jour. Que faisons-nous le reste de «année? Il insiste sur la nécessité d’un travail continu, comme ce fut le cas avec les chemins de fer. Il explique quil nous faut avant tout nous rassembler pour agir sur nos problèmes spécifiques.

V. ROLLE-ROMANA.

Elle fait un bref historique de la communauté des 20 dernières années par rapport à 1998. Aujourdhui, plus aucune visibilité associative, politique [voir notre représentation au parlement], dans les syndicatsDe plus, le seul organe de presse qui nous soutenait ou en tous cas qui parlait de nous est en voie de disparaître [France O].

Il nous faut définir ce qui fait notre spécificité dans le corpus national, à savoir bien définir ce que sont nos difficultés SPÉCIFIQUESet travailler à partir de là. La question du racisme ou du logement nest pas une question qui est spécifique aux originaires doutre-mer. Mais la reconnaissance du type majoritaire des familles aux Antilles, la matrifocalité, n’est pas reconnue en France, pourtant cest une famille française. Reconnaître ce type de famille devrait être une revendication. Également, la question mémorielle est aussi une de nos spécificités tout comme les questions liées à la reconnaissance de la culture et de la langue

OUDI SERVA

Il fait trois remarques :

Il existe un manque dambition dans notre communauté

Il ne sinscrit pas dans les dires de nombreux participants à cette réunion pour lesquels la Marche générerait de la dignité; ce nest pas son cas.

Il dit quil est néanmoins important de continuer à travailler tous ensemble et quil apprend beaucoup de nous [les plus anciens].

Il émet également l’idée de créer un mouvement qui pourrait mettre en relation [en réseau] toutes les associations.

La parole circule entre tous les participants. Les principales idées sont les suivantes.

Greg GERMAIN, évoque le fait quil y a bien dautres fédérations existantes, mais qui ne remplissent pas leur rôle

Viviane Romana: explique que la mémoire est ce qui a permis et permet de rassembler le plus grand nombre et que le problème n’est pas entre jeunes est vieux, mais entre les intellectuels de la communauté qui ne sont pas daccord sur des questions aussi essentielles. Pour elle, le 23 mai devrait être le jour des commémorations républicaines : “que chaque association fasse leur maire commémorer cette datedit-elle! Elle ajoute : «  mais le rassemblement populaire devrait se faire le samedi suivant le 23 mai, lorsque celui-ci est un jour de semaine”.

Serge insiste sur labsence de compréhension de la question mémorielle chez les jeunes intellectuels : “il nexiste aucune communauté humaine qui ne se rassemble pas autour de la mémoire de ses origines. Les considérations sur lesclavage comme quelque chose de dépassé montre la rupture daffiliation qui donnera toujours le même résultat: limpossibilité de faire groupe».

Tous les participants expriment le souhait de construire une forme de coordination interassociative pour apprendre à se connaître et préparer les 23 mai. IL sagit dune coordination et non dune fédération. Une COORDINATION DES ASSOCIATIONS ULTRA-MARINES DE France AUTOUR DE LEURS SPÉCIFICITÉS ET DE LEURS ACTIONS. Approbation de tous les participants. Serge demande qui veut bien être le noyau qui impulse ce travail. Marie Line MORMIN, Oudi SERVA et Viviane ROMANA acceptent cette mission.

Serge clôt la séance. Il est 18 h 30. Il nous invite à partager le pot de lamitié.

Greg GERMAIN

 

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Réunion du Collectif des Associations ultramarines (des Originaires d’Outre-Mer)

Vendredi 16 novembre 2018

Présents : Hibiscus de Gagny (Michel Ticout et Marie Laure Saint-Sauveur), Culture et Tradition Outre-Mer — CTOM (Jacqueline et Évelyne Angèle), ADOC (Greg Germain), AMITAG de Meaux (Daniel Deline et Calixte Estarque), CM98 (E. Gordien), La DIASPORA (Éliane Félicitet), Zanmi Tanbou (Fred Caby), CAFAM Tranchant (Clarine), Influence Outre-Mer (Oudi Serva), Tous Créoles (Marie-Line Mormin), Association des Antillais de Creil (Gina Mongin Dolium), DOM-TOM du Valois (Alain Parfait).

Excusés : La Case Créole (Stéphania Sannier) , Sonjé (Juliette Seydi), Bitasyon Lyannaj Kréol (Lydia Jean), Outre-Mer Racine (Lauriane Curon), Le Colibri de Mennecy (Mirette MARS), AMOM — Association la Maison de l’Outre-Mer région Ile-de-France (Franck LANCLUME), Association d’Ici et d’Ailleurs — AIA (Jany Zelphin), Belespwa (Justin Sormin)

Début de la réunion : 19 h 30

1) Rappel de la « philosophie qui préside la constitution de la coordination » :

  • Soutenir et amplification des actions des associations des originaires d’outre-mer
  • Pas de création d’une association, mais d’un collectif, car les nombreuses tentatives de fédération de ces 40 dernières années n’ont pas réussi.

2) Notre base d’unité et de travail :

  • Préparer ensemble le 23 mai, Journée Nationale d’Hommage aux Victimes de l’Esclavage Colonial (la manifestation centrale à Paris et celle des villes)
  • Mettre en valeur le travail des associations dans leur territoire
  • Réagir de façon collective sur les sujets touchant aux intérêts de nos communautés en France hexagonale. En l’occurrence nous souhaitons intervenir sur la disparition de France Ô et les congés bonifiés
  • Mettre en place des outils modernes de visibilité des associations : constitution d’une Cartographie interactive des associations des originaires d’outre-mer à leur service.
  • 3) La méthode de travail :
  • Chaque sujet sera pris en charge par une commission dirigée par un chef de projet
  • Toute démarche suivra la procédure suivante : information et discussion organisée par le groupe de travail en interne. Discussions puis actions.

4) Actions et groupes de travail

5 actions et 5 chefs de projets ont été désignés :

  1. La journée nationale d’hommages aux victimes de l’esclavage colonial : chef de projet Emmanuel Gordien. Le groupe est constitué d’Emmanuel Gordien, d’Éliane Félicitet et de Gina Mongin Dolium. Ils ont comme tache d’élaborer une proposition globale de la célébration du 23 mai. La manifestation centrale, organisée par le CM98 depuis 2014 accompagnée ou non d’un Festival des arts et traditions des sociétés post-post-esclavagistes devrait être prise en charge par le collectif des associations même si le CM98 doit en rester le Poto-Mitan.
  2. France-Ô. Décision est prise de continuer le combat. Greg Germain et Marie-Pierre Bousquet devront nous faire un exposé à une date que nous avons à préciser très prochainement.
  3. Les Congés bonifiés. Chef de projet Marie-Line Mormin. De nombreuses discussions ont lieu actuellement entre les syndicats et les autorités gouvernementales. Marie-Line Mormin, présidente de l’association « Tous Créoles » a pris l’initiative de rencontrer les autorités (avant la constitution de la coordination). Compte tenu de l’urgence de la situation (réunion importante avec les autorités la semaine prochaine), elle poursuit sa stratégie. Cependant, nous proposerons une rencontre inter - associative sur cette délicate question.
  4. La communication. C’est Oudi Serva qui en est le chef de projet. Il s’agit de construire un bouquet d’outils de communication (Logo, WhatsApp, FB…) pour la promotion des activités des associations et pour notre communication interne.
  5. La construction d’une exposition sur l’histoire de la migration antillaise. Serge Romana en est le chef de projet. Il présentera en début d’année prochaine le projet.

D’un point de vue organisationnel, Gina Mongin Dolium rejoint le Comité de pilotage (CoPil) de la coordination qui se compose désormais d’Oudi Serva qui en est le porte-parole, de Marie-Line Mormin, de Viviane Rolle Romana et de Gina Dolium.

Le CoPil a comme mission de nous proposer un programme d’action, un agenda et une charte.

Fin de la réunion à 21 h.

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