Quels sont les comportements des français sur les sites de rencontres?

 

LES FRANÇAIS ET LES RENCONTRES EN LIGNE A l'ÈRE DES APPLICATIONS

 Publication de l'article source à 12.00 mardi 30 janvier : https://www.lacse.fr/enquete-ifop-addiction-sites-rencontres

 
lacseParis, le 29 janvier 2018. Plus de vingt ans après le lancement du premier site de rencontre en France [1], le comparateur de sites de rencontres Lacse a souhaité mesurer l'évolution de leur fréquentation tout en faisant le point sur les comportements en vogue sur ces espaces numériques. Afin de pouvoir observer ces évolutions avec le plus de recul possible, cet observateur des tendances de la rencontre en ligne a donc commandé à l'Ifop une enquête permettant de comparer les résultats avec la première étude menée dans l'hexagone sur le sujet il y a une douzaine d'années (CSF 2006 [2]). Réalisée par téléphone auprès d'un échantillon représentatif de 2000 personnes [3], cette étude montre que les sites de rencontres créent un environnement favorable à la pratique d'une sexualité récréative qui n'est pas sans générer des phénomènes d'addiction et l'émergence d'un modèle de « fuckboy » multipliant les partenaires sexuels sans avoir l'intention d'établir de relation de couple.
LES CHIFFRES CLÉS DE L'ENQUETE
  1. Vingtans après le lancement du premier site de rencontre en France, leur fréquentation constitue une pratique de plus en plus répandue: un Français sur quatre (26%) déclare s'être déjà?? inscrit au moins une foissur un site ou une application de rencontre, soit une proportion qui a plus que doublé depuis la première mesure réalisée dans l'hexagone il y a une douzaine d'années (environ 11% en 2006).

???      La comparaison de ces résultats avec ceux d'autres enquêtes de référence (ex : CSF 2006, EPIC 2013...) met à jour une forte progression de l'usage des sites de rencontre depuis 2011 (+ 10 points entre 2011 et 2017), sans doute sous l'effet de la généralisation de l'usage du web dans la population (+ 12 points durant la même période) et l'explosion du taux d'équipement en smartphones (+ 56 points) et en tablettes (+ 40 points [4]).

???      Il est vrai que la fréquentation de ces espaces numériques passe de plus en plus par celle de leurs supports sur mobile ou tablette: 15% des Français admettent avoir déjà utilisé au moins une application de rencontre, soit un taux qui se rapproche progressivement du nombre de personnes en ayant fait l'expérience via un site web classique (22%).

  1. Cet essor de la fréquentation des plateformes de dating va de pair avec une profonde démocratisation de leur clientèle. En effet, alors qu'il y a une douzaine d'années, les usagers des sites de rencontre présentaient un profil beaucoup plus aise?? que la moyenne [5],leur expérience est désormais aussi répandue dans les catégories populaires (33%) que chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (34%).

???      Avec la généralisation des outils numériques a?? toutes les couches de la population, les différences sociales d'accès aux sites de rencontre ont donc profondément reculé. Comme d'autres lieux de rencontre ouverts a?? tous (ex : bal, rue, café??,...), les sites de rencontre sont même désormais plus investis par les hommes des catégories populaires (42% des ouvriers et employés) que par les cadres et professions intellectuelles supérieures (33%) [6].

???      Et cette démocratisation est loin d'être contradictoire avec le positionnement « haut de gamme » adopté par certains sites. Au contraire, dans le cadre d'un mouvement de segmentation du marché du dating [7], ce discours marketing en est plutôt la conséquence: la popularisation des sites généralistes «grand public» ayant favorisé la multiplication de sites de «niche» constituant pour les Français à fort capital économique ou culturel des enclaves recréant des nouvelles formes d'«entre soi».

  1. Contrairement à ce que la plupart des sites présentent dans leurs publicités, obtenir une «date» avec quelqu'un via ce mode de rencontre est loin d'être donné à tout le monde : à peine plus d'un utilisateur sur deux (57%) déclarent être parvenu à rencontrer quelqu'un en vrai via ce genre de sites ou d'applications.

???      Très logiquement, l'enquête met à jour la plus grande difficulté des hommes hétérosexuels à y rencontrer quelqu'un in real life (seuls 48% d'entre eux y sont parvenus), en particulier lorsqu'ils ont plus de 50 ans (43%), qu'ils résident en milieu rural (41%) et qu'ils affichent un faible capital culturel (39% des non-bacheliers) ou une position en bas de l'échelle sociale: seuls 51% des employés et ouvriers ont déjà obtenus une date, contre 57% des hommes CSP +.

???      A l'inverse, rencontrer quelqu'un en vrai semble plus aisé aux femmes (63% y sont parvenues en moyenne), notamment pour les trentenaires (80%), les habitantes de l'agglomération parisienne (73%) et les lesbiennes (90%). Dans la gent féminine, les logiques de discriminations sociales semblent toutefois différentes: les femmes cadres (52%) ou diplômées d'un 2ème cycle (50%) étant moins nombreuses que la moyenne (63%) à réussir à rencontrer quelqu'un en vrai via ce genre d'outils.

  1. Allant à rebours de certaines idées reçues, cette étude révèle aussi qu'une partie significative des relations nouées sur ces sites ne sont pas dénuées de sentiments. Car si la plupart de leurs utilisateurs y ont eu à la fois des relations amoureuses et sexuelles (20%), l'étude montrequ'ils sont plus nombreux à n'y avoir connu que des relations amoureuses (19%) qu'à n'y avoir noués que des aventures sexuelles (9%).

???      Au total, les sites de rencontre susciteraient ainsi moins «d'aventures purement sexuelles» (29%) que de relations affectives: 39% de leurs membres déclarant y avoir connu au moins «une relation amoureuse». Une partie significative des relations nouées sur ces sites comprendrait donc une réelle dimension sentimentale ou affective, peut-être parce que la promesse d'y trouver l'âme sœur et la disposition à s'enflammer pour quelqu'un y sont plus grandes que sur le marché amoureux ordinaire.

???      De gros écarts en fonction du sexe persistent toutefois sur ce point: les femmes, généralement plus réticences à assumer des rapports sexuels en dehors d'un cadre affectif ou conjugal stable, admettent toujours moins (23%) que les hommes (32%) y avoir eu une aventure purement sexuelle. Signe d'une plus grande romantisation de la sexualité féminine, elles sont à l'inverse sensiblement plus nombreuses (42%) que les hommes (36%) à rapporter y avoir noué des relations amoureuses.

  1. La réalisation de rencontres amoureuses n'empêche pas pour autant une certaine banalisation du « one-night stand » via ces outils numériques : près des deux tiers des Français ayant déjà trouvé un partenaire via un site admettent y avoir déjà?? eu « une aventure sans lendemain » (62%) et plus de la moitié une expérience sexuelle avec quelqu'un sans chercher ensuite à la revoir (55%).

???      Il faut dire qu'en offrant à leurs membres un nombre infini de possibilités de rencontre dans le cadre d'un anonymat quasi-total, ces sites constituent un environnement des plus favorables au recrutement de partenaires occasionnels, notamment pour les femmes qui peuvent y multiplier les rencontres purement sexuelles loin du regard de leur entourage. Ces sites s'imposent donc des lieux de rencontre où la sexualité peut être débarrassée de toute implication autre qu'elle-même.

???      Ce genre d'expérience reste toutefois moins dicible dans la gent féminine que masculine, sans doute a?? cause des réticences des femmes a?? transgresser les normes selon lesquelles la sexualité féminine ne serait légitime que dans un cadre affectif ou durable. Ainsi, si les trois quarts des hommes ayant déjà trouvé un partenaire via un site admettent y avoir de??ja?? eu « une aventure sans lendemain » (72%), les femmes ne sont que 47% dans ce cas.

  1. L'enquête montre également que lesrencontres en ligne créent un environnement défavorable au respect du principe d'exclusivité sexuelle, notamment pour les hommes qui s'avèrent particulièrement nombreux à y avoir continué à chercher un partenaire alors qu'ils étant engagés dans une relation de couple (41%) ou à y avoir entretenu des relations purement sexuelles avec plusieurs personnes en même temps (34%).

???      Ces résultats tendraient ainsi à confirmer l'idée selon laquelle l'abondance de partenaires sexuels potentiels sur ces sites aurait un impact sur la psychologie - notamment masculine - en rendant inutile l'engagement dans une relation exclusive. Certes, ce genre de comportements n'est pas exclusivement masculin mais on note bien que le succès des sites de rencontres favorise l'affirmation d'un modèle de «fuckboy» refusant de se contenter d'un(e) seul(e) partenaire sexuel en même temps.

???      Ces sites apparaissent ainsi comme un outil particulièrement adapté à la pratique d'une sexualité purement récréative, centrée sur l'épanouissement sexuel plutôt que sur les contraintes du couple. Chez certains, le maintien d'un profil sur un site apparait ainsi comme un moyen de « laisser la porte ouverte » à une rencontre avec un meilleur partenaire, symptomatique du syndrome de « la peur de manquer quelque chose » (fear of missing out) particulièrement présente sur les réseaux sociaux.

  1. Enfin, l'addiction aux rencontres éphémères via des applis de rencontres est loin d'être un phénomène marginal: un utilisateur sur six (16%) admet avoir déjà eu l'impression d'y être «addict» et 13% déclarent que des proches leur ont déjà dit qu'ils en étaient dépendants.

???      Bien décrite dans la BD "Love addict" de Koren Shadmi, cette dépendance a donc déjà été ressentie directement ou indirectement par près de trois utilisateurs sur dix (29%). Affectant plus d'hommes (19%) que de femmes (12%), le sentiment personnel d'addiction s'avère quant à lui très fort aux âges où l'on cherche moins à se mettre en couple qu'à multiplier les expériences: 23% chez les trentenaires (30-39 ans), jusqu'à 27% chez les hommes de cet âge.

 

LES RÉSULTATS COMPLETS DE L'ENQUETE

  1. UNE PROGRESSION DE LA FRÉQUENTATION DES SITES DE RENCONTRE

Vingt ans après le lancement du premier site de rencontre en France, leur fréquentation constitue une pratique de plus en plus répandue : un Français sur quatre (26%) déclare s'être déjà?? inscrit au moins une fois sur un site ou une application de rencontre, soit une proportion qui a plus que doublé depuis la première mesure réalisée dans l'hexagone il y a une douzaine d'années (environ 11% en 2006).

???      La comparaison de ces résultats avec ceux d'autres enquêtes de référence (ex : CSF 2006, EPIC 2013...) met à jour une forte progression de l'usage des sites de rencontre depuis 2011 (+ 10 points entre 2011 et 2017), sans doute sous l'effet de la généralisation de l'usage du web dans la population (+ 12 points durant la même période) et l'explosion du taux d'équipement en smartphones (+ 56 points) et en tablettes (+ 40 points [8]).

???      Il est vrai que la fréquentation de ces espaces numériques passe de plus en plus par celle de leurs supports sur mobile ou tablette: 15% des Français admettent avoir déjà utilisé au moins une application de rencontre, soit un taux qui se rapproche progressivement du nombre de personnes en ayant fait l'expérience via un site web classique (22%).

Cet essor de la fréquentation des plateformes de dating va de pair avec une profonde démocratisation de leur clientèle. En effet, alors qu'il y a une douzaine d'années, les usagers des sites de rencontre présentaient un profil beaucoup plus aise?? que la moyenne [9], leur expérience est désormais aussi répandue dans les catégories populaires (33%) que chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (34%).

???      Avec la généralisation des outils numériques a?? toutes les couches de la population, les différences sociales d'accès aux sites de rencontre ont donc profondément reculé. Comme d'autres lieux de rencontre ouverts a?? tous (ex : bal, rue, cafe??,...), les sites de rencontre sont même désormais plus investis par les hommes des catégories populaires (42% des ouvriers et employés) que par les cadres et professions intellectuelles supérieures (33%).

???      Et cette démocratisation est loin d'être contradictoire avec le positionnement « haut de gamme » adopté par certains sites. Au contraire, dans le cadre d'un mouvement de segmentation du marché, ce discours marketing en est plutôt la conséquence: la popularisation des sites généralistes «grand public» ayant favorisé la multiplication de sites de «niche» récréant pour les Français à fort capital économique ou culturel de nouvelles formes d'«entre soi».

  1. DES RELATIONS PLUS DIFICILLES À NOUER QU'IL N'Y PARAÎT...

Contrairement à ce que la plupart des sites présentent dans leurs publicités, obtenir une « date » avec quelqu'un via ce mode de rencontre est loin d'être donné à tout le monde : à peine plus d'un utilisateur sur deux (57%) déclarent être parvenu à rencontrer quelqu'un en vrai via ce genre de sites ou d'applications.

???      Très logiquement, l'enquête met à jour la plus grande difficulté des hommes hétérosexuels à y rencontrer quelqu'un in real life (seuls 48% d'entre eux y sont parvenus), en particulier lorsqu'ils ont plus de 50 ans (43%), qu'ils résident en milieu rural (41%) et qu'ils affichent un faible capital culturel (39% des non-bacheliers) ou une position en bas de l'échelle sociale: seuls 51% des employés et ouvriers ont déjà obtenus une date, contre 57% des hommes CSP + et 59% des hommes

???      A l'inverse, rencontrer quelqu'un en vrai semble plus aisé aux femmes (63% y sont parvenues en moyenne), notamment pour les trentenaires (80%), les habitantes de l'agglomération parisienne (73%) et les lesbiennes (90%). Dans la gent féminine, les logiques de discriminations sociales semblent toutefois différentes: les femmes cadres (52%) ou diplômées d'un 2ème cycle (50%) étant moins nombreuses que la moyenne (63%) à réussir à rencontrer quelqu'un en vrai via ce genre d'outils.

L'OBTENTION D'UN RENDEZ-VOUS EN VRAI AVEC UNE PERSONNE CONTACTÉE VIA UN SITE DE RENCONTRE

Confirmant une tendance observée dans de précédents travaux universitaires [10], ce sondage montre aussi que ces sites constituent des espaces de flirt à part entière, en particulier pour les jeunes de moins 25 ans qui sont presque deux fois plus nombreux (40%) que la moyenne des utilisateurs (26%) à s'y être contentés d'échanges strictement virtuels.

???      Pour les membres de cette génération, ce faible taux de rencontres réelles doit être moins interprété comme un échec à trouver des partenaires - leur capital physique et esthétique étant généralement plutôt appréciés par leurs ainés - que comme le fruit d'une volonté : celle d'exploiter les possibilités de tester leurs capacités de séduction en toute discrétion à un âge où l'on cherche plus souvent à multiplier les expériences qu'à se mettre dans une relation de couple.

???      Ainsi, la proportion d'utilisateurs s'étant limités à des échanges virtuels sur les sites de rencontre s'avère particulièrement élevée chez les étudiants (38%) - qui ne disposent pas toujours d'un espace propre pour s'adonner à des jeux de séduction - et chez les jeunes filles (35% des femmes de moins de 25 ans) qui y trouvent sans doute une manière de «papillonner» en ligne loin du contrôle de leurs pairs (ex : amis, famille...).

Allant à rebours de certaines idées reçues, cette étude révèle qu'une partie significative des relations nouées sur ces sites ne sont pas dénuées de sentiments. Car si la plupart de leurs utilisateurs y ont eu à la fois des relations amoureuses et sexuelles (20%), l'étude montre qu'ils sont plus nombreux à n'y avoir connu que des relations amoureuses (19%) qu'à n'y avoir noués que des aventures sexuelles (9%).

???      Au total, les sites de rencontre susciteraient moins «d'aventures purement sexuelles» (29%) que de relations affectives: 39% de leurs membres déclarant y avoir connu au moins «une relation amoureuse». Une partie significative des relations nouées sur ces sites comprendrait donc une réelle dimension sentimentale ou affective, peut-être parce que la promesse d'y trouver l'âme sœur et la disposition à s'enflammer pour quelqu'un y sont plus grandes que sur le marché amoureux ordinaire.

???      De gros écarts en fonction du sexe persistent toutefois sur ce point: les femmes, généralement plus réticences à assumer des rapports sexuels en dehors d'un cadre affectif ou conjugal stable, admettent toujours moins (23%) que les hommes (32%) y avoir eu une aventure purement sexuelle. Signe d'une plus grande romantisation de la sexualité féminine, elles sont à l'inverse sensiblement plus nombreuses (42%) que les hommes (36%) à rapporter y avoir noué des relations amoureuses.

L'EXPÉRIENCE DE RELATION A DIMENSION AFFECTIVE OU SEXUELLE SUR UN SITE/APPLI DE RENCONTRE

La réalisation de rencontres amoureuses n'empêche pas pour autant une certaine banalisation du « one-night stand » via ces outils numériques : près des deux tiers des Français ayant déjà trouvé un partenaire via un site de rencontre admettent y avoir déjà?? eu « une aventure sans lendemain » (62%) et plus de la moitié une expérience sexuelle avec quelqu'un sans chercher ensuite à la revoir (55%).

???      Il faut dire qu'en offrant à leurs membres un grand nombre de possibilités de rencontre dans le cadre d'un anonymat quasi-total, ces sites constituent un environnement des plus favorables au recrutement de partenaires occasionnels, notamment pour les femmes qui peuvent y multiplier les rencontres purement sexuelles loin du regard de leur entourage. Ces sites s'imposent donc comme des lieux de rencontre où la sexualité peut être débarrassée de toute implication autre qu'elle-même.

???      Ce genre d'expérience reste toutefois moins dicible dans la gent féminine que masculine, sans doute a?? cause des réticences des femmes a?? transgresser la norme selon laquelle la sexualité féminine ne serait admissible socialement que dans un cadre affectif ou durable. Ainsi, si les trois quarts des hommes ayant déjà trouvé un partenaire via un site admettent y avoir de??ja?? eu « une aventure sans lendemain » (72%), les femmes ne sont que 47% dans ce cas.

LES EXPÉRIENCES SEXUELLES SANS ENGAGEMENT AFFECTIF NOUÉES SUR UN SITE/APPLI DE RENCONTRE

  1. INFIDÉLITÉ, POLYAMOUR, « PLANS CUL »... LES SITES DE RENCONTRES ET L'AFFIMRATION DU MODELE DE « FUCKBOY »

L'enquête montre également que les rencontres en ligne créent un environnement défavorable au respect du principe d'exclusivité sexuelle, notamment pour les hommes qui s'avèrent particulièrement nombreux à y avoir continué à chercher un partenaire alors qu'ils étant engagés dans une relation de couple (41%) ou à y avoir entretenu des relations purement sexuelles avec plusieurs personnes en même temps (34%).

???      Ces résultats tendraient ainsi à confirmer l'idée selon laquelle l'abondance de partenaires sexuels potentiels sur ces sites aurait un impact sur la psychologie - notamment masculine - en rendant inutile l'engagement dans une relation exclusive. Certes, ce genre de comportements n'est pas exclusivement masculin mais on note bien que le succès des sites de rencontres favorise l'affirmation d'un modèle de «fuckboy» refusant de se contenter d'un(e) un(e) seul(e) partenaire sexuel en même temps.

???      Ces sites apparaissent ainsi comme un outil particulièrement adapté à la pratique d'une sexualité purement récréative, centrée sur l'épanouissement sexuel plutôt que sur les contraintes du couple. Chez certains, le maintien d'un profil sur un site apparait ainsi comme un moyen de « laisser la porte ouverte » à une rencontre avec un meilleur partenaire, symptomatique du syndrome de « la peur de manquer quelque chose » (fear of missing out) particulièrement présente sur les réseaux sociaux.

L'USAGE DES SITES DE RENCONTRE DANS UNE SITUATION DE COUPLE OU DE RELATION PRIVILÉGIÉE

  1. UNE SEXUALITE RECREATIVE QUI N'EST PAS SANS GENERER DES PHENOMENES D'ADDICTION

Associées à des scénarios de rapprochement accéléré, les sites de rencontre apparaissent comme des espaces où la phase de sexualisation de la relation - c'est-à-dire la durée entre la première rencontre et le premier rapport - revêt un caractère beaucoup moins graduel que dans d'autres contextes.

???      L'enquête confirme en effet un affaiblissement du respect des principes de rituel de la « date » à l'américaine qui prescrit les rapports sexuels complets le premier soir. Ainsi, les deux tiers des personnes ayant déjà eu un partenaire via un site admettent «avoir déjà eu un rapport sexuel dès le premier RDV» (68%) et la moitié «en sachant d'avance qu'ils n'allaient pas revoir cette personne» (52%).

???      Ce phénomène s'explique principalement par les caractéristiques propres aux rencontres en ligne qui se distinguent à la fois par le manque d'ambiguïté autour des intentions des personnes ayant « matché » sur ce type de plateformes et par le fait que les femmes y risquent moins le stigmate de la «fille facile» en donnant rapidement un caractère sexuel à une relation : les contacts y étant noués à l'extérieur et à l'insu de leurs cercles d'amis.

L'EXPERIENCE D'UNE SEXUALISATION RAPIDE D'UNE RELATION NOUÉE VIA UN SITE DE RENCONTRE

Enfin, les résultats de l'étude révèlent que l'addiction aux rencontres éphémères via des applis de rencontres est loin d'être un phénomène marginal : un utilisateur sur six (16%) admet avoir déjà eu l'impression d'y être devenu « addict » et 13% d'entre eux déclarent que des proches leur ont déjà dit qu'ils en étaient dépendants.

???      Bien décrite dans la BD "Love addict" de Koren Shadmi, cette dépendance à ce genre de plateformes a donc déjà été ressentie directement ou indirectement par près de trois utilisateurs sur dix (29%). Affectant deux plus d'hommes (19%) que de femmes (12%), le sentiment personnel d'addiction s'avère particulièrement fort aux âges où l'on cherche moins à se mettre en couple qu'à multiplier les expériences.

???      Ainsi, le nombre d'utilisateurs s'y étant déjà sentis «addicts» atteint un pic chez les trentenaires (23% chez les 30-39 ans), notamment chez les hommes de cet âge (27%) qui veulent sans doute profiter du potentiel de partenaires quasi-infini que ce genre de plateformes leur offre.

François KRAUS, directeur du pôle Politique / Actualité à l'Ifop

À PROPOS DE L'ETUDE :

Étude de l'Ifop pour Lacse réalisée par téléphone du 28 décembre 2017 au 3 janvier 2018 auprès d'un échantillon de 2 012 personnes, représentatif de la population âgée de 18 à 69 ans résidant en France métropolitaine.

IMPORTANT : Si vous citez cette étude, merci de vous conformer à la loi du 25 avril 2016 qui impose de citer le nom de l'institut de sondage, le nom et la qualité du commanditaire, le nombre des personnes interrogées ainsi que les dates auxquelles il a été procédé aux interrogations. L'Ifop rappelle que « le fait de publier ou laisser publier, diffuser ou laisser diffuser un sondage en violation de la présente loi et des textes réglementaires applicables » est désormais puni d'une amende de 75 000 €.

                                                                 
                                                                 

[1] Le premier site spécifiquement et explicitement consacré aux rencontres affectives et sexuelles apparu en France fut Netclub en juin 1997.

[2] Enquête CSF de l'ANRS-INED-INSERM réalisée par téléphone entre septembre 2005 et mars 2006 auprès de 12 364 personnes, constituant un échantillon aléatoire de la population âgée de 18 à 69 ans résidant en France métropolitaine.

[3] Étude de l'Ifop pour LACSE réalisée par téléphone du 28 décembre 2017 au 3 janvier 2018 auprès d'un échantillon de 2 012 personnes, représentatif de la population âgée de 18 à 69 ans résidant en France métropolitaine.

[4] Source : CREDOC, Enquêtes sur les « Conditions de vie et les Aspirations ». Données 2017 pour les 12 ans et plus.

[5] L'enquête CSF réalisée en 2006 montrait notamment que la proportion de personnes âgées de 25 à 65 ans ayant déjà surfé sur un site de rencontre était une pratique deux fois plus répandue chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (13%) que chez les ouvriers (6%).

[6] A partir de l'enquête sur la formation des couples (Ined, 1984), Michel Bozon et François Héran ont notamment montré que les hommes des classes populaires rencontrent leur conjointe dans un lieu public, ouvert à tous, alors que les classes supérieures privilégient des lieux réservés (lieu d'études ou de travail, salle de concert...) ou privés (réunions de famille ou d'amis) où l'on se retrouve « entre soi » et où des règles de savoir-vivre doivent être respectées.

[7] Marie Bergström, Au bonheur des rencontres. Sexualité, classe et rapports de genre dans la production et l'usage des sites de rencontres en France, Thèse de doctorat, IEP, 2014

[8] Source : CREDOC, Enquêtes sur les « Conditions de vie et les Aspirations ». Données 2017 pour les 12 ans et plus.

[9] L'enquête CSF réalisée en 2006 montrait notamment que la proportion de personnes âgées de 25 à 65 ans ayant déjà surfé sur un site de rencontre était une pratique deux fois plus répandue chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (13%) que chez les ouvriers (6%).

[10] Bergström Marie, « Nouveaux scénarios et pratiques sexuels chez les jeunes utilisateurs de sites de rencontre », Agora débats / jeunesses, 2012/1 n° 60, p. 107-119.


C:\Users\christian\Desktop\Enquête Ifop-LACSE sur les comportements des Français sur les sites de rencontres.htm

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