Avant-programme Outre-mer d'Emmanuel Macron

Les Outre-mer : un potentiel à libérer.

loutremeravecmacronLes Outre-mer ne demandent pas à entendre des promesses démagogiques et non financées, qui entretiennent une relation de dépendance inégale avec l’hexagone. Ils demandent à pouvoir développer des activités économiques dans leurs territoires et à vivre de leur travail, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion, en Martinique, à Mayotte, en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Wallis et Futuna.

C’est pourquoi notre projet d’émancipation pour la France est aussi un projet pour l’émancipation réelle des Outre-mer au sein de la République.

PROPOSITIONS


  • Objectif 1 : Reconstruire une politique de continuité territoriale.

Les habitants d’outre-mer doivent sortir de leur isolement géographique en voyageant non seulement vers l’Hexagone mais en s’intégrant aussi à leur environnement régional.

Malgré le développement de la concurrence, le prix des billets d’avion est aujourd’hui très élevé : les plus aisés peuvent voyager, mais la moitié de la population n’a que rarement, voire jamais, accès au voyage.

  • Nous reconstruirons une politique de mobilité plus juste et porterons à 200 000 le nombre de billets aidés chaque année pour la mobilité des ultra-marins en France et dans leur environnement régional.

 

  • Objectif 2 : Soutenir l’activité et l’emploi dans les Outre-mer pour lutter contre le chômage et l’exclusion.
« Ce qui m’attriste le plus concernant mon avenir professionnel, c’est de ne pas pouvoir rentrer en Guadeloupe car je ne trouve pas de travail là-bas»
– Quentin, Ingénieur, Paris – La Grande Marche

Nous devons d’abord prendre en compte les spécificités des Outre-mer dans nos politiques publiques. Nous ne pouvons pas avoir des régles uniformes qui s'appliquent de la même manière dans les régions ultra-périphériques comme dans l’Hexagone.

  • Nous négocierons au sein de l’Union Européenne afin que les normes prennent mieux en compte les spécificités de nos territoires d’outre-mer, par exemple, dans l’agriculture ou la politique de la pêche.

Nous serons particulièrement vigilants sur le suivi des accords commerciaux de l’Union européenne, notamment dans la perspective de la fin des quotas sucriers au 1er octobre 2017.

Nous devons ensuite renforcer l’attractivité de nos territoires : il faut rattraper les retards dans l’assainissement, la desserte en eau potable, la gestion des déchets, lutter contre la congestion dans l’accès aux grandes villes ou contre l’éloignement pour améliorer la vie quotidienne des habitants, attirer les investisseurs et dynamiser le tourisme.

  • Nous consacrerons 1 milliard d’euros sur 5 ans au financement des investissements collectifs des territoires ultra-marins, dans le cadre du plan d’investissement.

Ces ressources seront affectées au financement des plans de rattrapage et de développement, construits dans chaque territoire avec les élus locaux.

  • Nous financerons nos actions dans la formation, le tourisme, la santé et la transition énergétique grâce au plan d’investissement.

Le tissu économique des Outre-mer est surtout constitué de petites et très petites entreprises, notamment dans le BTP, très sensibles à la commande publique. Or, dans de nombreuses collectivités territoriales, les délais de paiement sont excessifs, ce qui fragilise considérablement leur développement.

  • Pour favoriser la compétitivité et la pérennité des entreprises et le développement de l'emploi, nous engagerons une évaluation des dispositifs de soutien existants.

Nous accorderons une attention particulière à l'amélioration des procédures et aux délais de paiement.

  • Nous supprimerons la caisse qui gère le Régime Social des Indépendants (RSI) pour l’adosser au régime général et nous renforcerons l’activité de Bpifrance dans les Outre-mer.

Parce que les Outre-mer ont des ressources immenses, l’ensemble de nos propositions permettra de développer des filières économiques d’excellence dans tous les Outre-mer (valorisation durable de nos espaces maritimes pour une “croissance bleue”, tourisme, numérique, géothermie, sport, culture…). Notre responsabilité est de soutenir le développement de ces filières, en s’appuyant sur les atouts de chaque territoire, parce que ces filières constituent l’emploi de demain et qu’elles contribuent au rayonnement de la France à l’international.

  • Nous donnerons aux Outre-mer les moyens d’une croissance bleue plus dynamique, en organisant la filière maritime et en développant le volet ultra-marin de la « task force maritime » créée par le Comité interministériel de la mer.
  • Sur la base de stratégies de développement du tourisme, concertées territoire par territoire, nous ferons un bilan des aides fiscales et sociales.

Nous adapterons ces aides sur la base de contrats et d’objectifs chiffrés avec les collectivités et les professionnels du tourisme.

  • Nous organiserons une conférence internationale sur la biodiversité.

Elle se tiendra dans les Outre-mer, car c’est ici que se concentre très largement la biodiversité française, terrestre et marine.

La France tiendra une grande conférence internationale sur la biodiversité. Elle sera organisée dans un territoire d'Outre-mer. 

 

  • Objectif 3 : S’appuyer sur la jeunesse.

Les Outre-mer font face à des situations démographiques contrastées et complexes, entre vieillissement pour certains et démographie dynamique pour d’autres. Notre objectif de long terme est de redonner une liberté de choix à la population ultra-marine : pouvoir accéder à un emploi stable, choisir d’étudier ou de travailler dans l'hexagone ou dans un pays de l’environnement régional, pouvoir faire le choix de revenir.

  • Afin de faire de l’enseignement supérieur ultra-marin un secteur d’excellence, nous soutiendrons le développement d’un ERASMUS caribéen et nous ferons de nos universités outre-mer des pôles universitaires internationaux rayonnant dans leurs régions.

Plus de 50 % des jeunes sont sans emploi et sans formation. Il faut tout mettre en œuvre pour faire bouger les lignes et, pour cela, amplifier les dispositifs qui ont montré leur capacité à redonner aux jeunes confiance et avenir. C’est l’objectif de nos propositions pour l’école et la formation.

  • Nous développerons et étendrons, avec les collectivités territoriales concernées, les services de l’État et les représentants des entreprises, tous les dispositifs qui ont fait leurs preuves.

Nous pourrons par exemple étendre le « pacte pour l’emploi », développé en Guadeloupe pour mutualiser les aides à l’emploi au travers d’un guichet unique. 

  • Objectif 4 : Assurer pleinement la mission régalienne de l’État en matière de sécurité.

Dans les collectivités et départements ultra-marins marqués par une forte augmentation de la délinquance et de la violence, l’insécurité est l’une des premières préoccupations de la population. C’est aussi un frein à l’attractivité des territoires, et donc au développement économique et touristique.

En Outre-mer, les services de l’État chargés de la sécurité et de la justice souffrent du même diagnostic général en termes de moyens matériels et humains.

Nous renforcerons les moyens des services de sécurité et de justice et déploierons, comme dans le reste du territoire, la police de sécurité du quotidien.

  • Nous organiserons en partenariat avec les collectivités territoriales et le milieu associatif un réseau de structures d'accueil capable de mettre en œuvre la réponse pénale en direction des mineurs.

Par ailleurs l'accès aux métiers de la sphère régalienne doit être facilité malgré la discontinuité territoriale avec la métropole.

  • Nous favoriserons le recrutement au sein des départements d'outre-mer en créant des écoles de formation de gendarmes adjoints et d'adjoints de sécurité en Martinique, en Guadeloupe et à la Réunion (pour la Réunion et Mayotte) et nous créerons parallèlement des classes d'excellence pour accompagner les jeunes ultra-marins qui souhaitent entreprendre une carrière dans les métiers de la sécurité et de la justice.

 

  • Objectif 5 : Combattre toujours la vie chère.

En 2015, les écarts de prix des produits alimentaires entre les Outre-mer et l’hexagone sont de plus de 30 à 40 %. Pourtant, depuis une dizaine d’années, de nombreuses mesures ont été prises : observatoires des prix, des marges et des revenus, loi de 2012 sur la régulation économique, bouclier qualité/prix.

  • Nous demanderons à l’Autorité de la Concurrence d’évaluer l’efficacité des mesures prises pour réduire les écarts de prix.

Nous veillerons à la production de données statistiques complètes et facilement disponibles sur les territoires d’outre-mer. Sur la base de cette évaluation, nous engagerons des actions pour lutter contre les prix trop hauts et les marges indues. 

  • Objectif 6 : Donner davantage de pouvoir aux collectivités.

Une différenciation institutionnelle est en cours dans les départements et régions d’outre-mer avec la création, dans certains territoires, de collectivités uniques et la mise en œuvre des premières demandes d’habilitation accordées à certaines collectivités pour fixer elles-mêmes certaines règles de compétence. Parallèlement, la récente loi Letchimy va accroître les possibilités de négociation entre les collectivités ultra-marines et les Etats situés dans leur environnement régional.

  • Nous favoriserons la poursuite des évolutions en cours en répondant favorablement aux demandes d’habilitation des collectivités concernées.

Nous aiderons celles-ci à faire émerger leurs projets. Si nécessaire, l’expérimentation, prévue dans la Constitution, sera utilisée.

  • Nous mènerons à bien les consultations institutionnelles prévues en Nouvelle-Calédonie.
 

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